Citations

« Cent "non" font moins de mal qu'un "oui" jamais tenu. »
Sagesse asiatique.

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« Il est important de promouvoir une unité qui ne peut pas et ne veut pas être une uniformité, mais qui est capable de garantir le respect des différences nationales et des diverses traditions culturelles qui constituent une richesse dans la symphonie européenne, en rappelant d’autre part que “l’identité nationale elle-même ne se réalise que dans l’ouverture aux autres peuples et à travers la solidarité envers eux” (Ecclesia in Europa, n. 112). »

Benoît XVI, Palais de l’Élysée, 12 septembre 2008

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Mise en ligne (colonne de droite) de documents de l'Institut de Relations Internationales & Stratégiques (IRIS)

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Nouvelle offensive d'été de l'ARN

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lundi 28 juillet 2008

Sécurité alimentaire : 60.000 tonnes d’huile frelatée ont été consommées

Une bouteille d’huile sur dix serait contaminée
En France, selon la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), ce sont 4.438 tonnes d'huile raffinée avec des teneurs de 305 à 1.040 ppm, qui ont été mises sur le marché entre le 28 février et le 4 avril. De son côté, l'Association nationale des industries alimentaires (ANIA) indique que "4.438 tonnes (d'huile frelatée) représentent 1 % de la consommation annuelle d'huile de tournesol en France".

Un chiffre officiel d’apparence trompeuse et probablement sous-estimé. Les 4.438 tonnes d'huile frelatée représente un mois de fraude avérée et prouvée. Cette fraude visant à commercialiser de l’huile frelatée, dure sans doute depuis des mois, et il est à craindre que les chiffres réels de cet « empoisonnement », soit plus important.

60.000 tonnes d’huile frelatée ont été consommées
Au total, 60.000 tonnes d'huile de tournesol brute mélangée à des huiles minérales à hauteur de 1.000 à 7.000 ppm (milligrammes par kilogramme) ont été écoulées en Europe.
Compte tenu de l'insuffisance de la production française d'huile de tournesol, qui fournit seulement 80% de la quantité consommée en France, les industriels comme Lesieur et Saipol (groupe Sofiprotéol) complètent par des huiles importées d'Ukraine et d'Argentine.

C’est la société Lesieur, alerté par un de ses clients britanniques qui avait découvert la présence d'huile minérale (comparable à celle utilisée dans les moteurs) dans de l'huile de tournesol. Après avoir fait vérifier la qualité de ses livraisons en provenance d'Ukraine, elle prévient, le 9 avril, les pouvoirs publics français et la Commission européenne.

Des analyses positives
Les analyses pratiquées par plusieurs laboratoires ont conclu à "la présence d'une huile de haute viscosité proche de la paraffine, sans pouvoir toutefois déterminer la nature exacte de cet hydrocarbure", explique Jean-François Narbonne, toxicologue, professeur à l'université Bordeaux-I et expert auprès de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa).

"Des vérifications, réalisées sur des stocks de janvier, se sont révélées positives, et l'on peut parler de contamination systématique depuis le 1er février", assure Frans Verstraete, expert auprès de la direction générale de la santé et de la protection des consommateurs (DG Sanco).

Les conclusions étonnantes de la Commission Européenne
Après avoir estimé que ce produit n'avait, à long terme, pas d'effet prévisible sur la santé, excepté l'apparition de diarrhée, les experts ont tenté d'évaluer le risque d'exposition des consommateurs. Car l'huile de tournesol est aussi présente dans les mayonnaises, sauces béarnaises, margarines, biscuits, bâtonnets de surimi, chips, tarama, blinis, conserves de poissons, plats cuisinés. "La dose journalière admissible (DJA) a été estimée à 20 milligrammes par kilo de poids corporel. En fonction de la consommation prévisible d'aliments contenant de l'huile de tournesol, la Commission a fixé une valeur limite à 300 ppm pour les produits fabriqués avant le 25 avril", précise M. Verstraete.

Le 7 mai, la Commission a abaissé ce seuil à 100 ppm et a demandé le retrait des produits contenant cette huile frelatée à un taux supérieur. Mais retrait ne signifie pas rappel des produits, avec communication officielle des lots contaminés. Il impose seulement aux fabricants de récupérer les stocks auprès des distributeurs. Des aliments contenant de faibles doses d'huile contaminée ont donc pu être consommés dans l'intervalle.

Le retour de l’huile ukrainienne
La Commission européenne, après avoir interdit les importations le 23 mai, a autorisé de nouveau, le 3 juillet, les importations d'huile de tournesol en provenance d'Ukraine, alors que l'enquête menée sur place n'a toujours pas abouti (pourtant, trouver le nom d'un responsable d’entreprise, de négoce alimentaire, agissant au grand jour, ne doit pas êtres très compliqué !).

Sécurité alimentaire : la grande régression
Ce n’est pas la première fois que l’UE et la Commission font preuve de légèreté en matière de sécurité alimentaire. Des fraudes sur les produits alimentaires avaient déjà été détectées comme les hydrocarbures aromatiques polycycliques découverts dans le beurre fabriqué à Naples de 1997 à 1999, les colorants "rouge Soudan" pour ceintures de cuir utilisés dans les épices et l'huile de palme en 2004, ou la dioxine présente dans le yaourt en Roumanie, en août 2007.

De manière générale, l’UE entend favoriser le commerce en faisant tomber les entraves nationales, y compris dans le domaine de la sécurité alimentaire. Une logique mercantile qui prospère aux dépens de la santé des consommateurs.

Bon appétit !