Citations

« Cent "non" font moins de mal qu'un "oui" jamais tenu. »
Sagesse asiatique.

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« Il est important de promouvoir une unité qui ne peut pas et ne veut pas être une uniformité, mais qui est capable de garantir le respect des différences nationales et des diverses traditions culturelles qui constituent une richesse dans la symphonie européenne, en rappelant d’autre part que “l’identité nationale elle-même ne se réalise que dans l’ouverture aux autres peuples et à travers la solidarité envers eux” (Ecclesia in Europa, n. 112). »

Benoît XVI, Palais de l’Élysée, 12 septembre 2008

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Mise en ligne (colonne de droite) de documents de l'Institut de Relations Internationales & Stratégiques (IRIS)

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jeudi 11 décembre 2008

Vers une Europe à 35 membres

Alors que la ratification du traité de Lisbonne est enlisée, Bruxelles planche déjà sur une Europe à 35. Les fonctionnaires de la Commission européenne ont accouché début novembre d’un rapport de 77 pages préconisant l’accélération en 2009 des discussions avec tous les pays qui frappent à la porte de l’Union européenne.

Parmi les pays qui ont toutes les chances d’intégrer l’Europe de demain figure la Turquie. Au travers de son rapport, la Commission à l’élargissement confirme que ce poids lourd de plus de 70 millions d’habitants a vocation à trouver sa place dans le giron européen. La même promesse est formulée envers tous les pays de l’ex-Yougoslavie et envers l’Albanie. La Croatie devrait atteindre la phase finale des négociations d’adhésion d’ici la fin de 2009. Puis viendront Kosovo, Serbie, Monténégro, Bosnie-Herzégovine, Macédoine, Montenegro.


Pour justifier un tel appétit, Bruxelles met en avant l’argument imparable de la paix et, à ce sujet, la crise géorgienne représenterait une aubaine pour les partisans de l’élargissement. Pour ces derniers, intégrer des zones géostratégiques importantes, revient à limiter le risque de guerres périphériques. Entre 2009 et 2011, Bruxelles compte augmenter progressivement les versements annuels à chaque candidat.

L’aide à la Turquie passera ainsi de 566 millions l’an prochain à 781 millions d’euros en 2011. La Serbie touchera 202 millions d’euros contre 194 l’an prochain ; la Croatie 157 contre 151 millions, la Bosnie 108 contre 89 millions ; la Macédoine 98 millions contre 81 ; le Kosovo 68,7 contre 66 millions. Et l’Albanie va gagner de 81 à 98 millions d’euros.

dimanche 12 octobre 2008

L'UE arrose la Turquie et l'ex Yougoslavie

La Commission européenne adopte un programme pluriannuel d’aide financière aux Balkans occidentaux et à la Turquie

La Commission a terminé le 29 septembre 2008 la planification stratégique du soutien financier de l’Union européenne (UE) pour 2008-2010 aux pays candidats et candidats potentiels (Croatie, Turquie, ancienne République yougoslave de Macédoine, Albanie, Bosnie- Herzégovine, Monténégro, Serbie et Kossovo). Pour 2008-2010, le montant global indicatif de l’assistance financière de l’UE sous l’Instrument d’aide de préadhésion (IPA) est de 4,471 milliards d’euros.

Les stratégies, fixent les priorités de l’assistance financière de l’UE pour la période 2008-2010. La prochaine étape est la préparation, avec les bénéficiaires, des programmes de mise en œuvre de cette assistance. L’aide de l’UE soutiendra également le renforcement des liens avec les pays voisins, y compris les États membres de l’UE, par le biais de projets de coopération transfrontalière.


Allocations indicatives de l’IPA pour la période 2008-2010 :
Allocation planifiée en millions d’euros (les chiffres sont en prix courants)
Croatie 451,4 millions d’euros


ancienne République yougoslave de Macédoine 244,3 millions d’euros


Turquie 1.758,8 millions d’euros


Albanie 245,1 millions d’euros


Bosnie-Herzégovine 269,9 millions d’euros


Monténégro 99,9 millions d’euros


Kossovo 459,1 millions d’euros


Serbie 584,4 millions d’euros


Programme multi-beneficiaires 458,4millions d’euros


TOTAL 2008-2010 4.471,3 milliards d’euros

lundi 2 juin 2008

L’Albanie dans l’Europe en 2011 ?

La Commission européenne l’a annoncé : les Balkans occidentaux ont leur place dans l’Union européenne. Pays de trois millions d’habitants, L’Albanie conjugue de nombreux problèmes. Etat des lieux, transition et perspectives européennes.

La population albanaise : entre immigration et désespérance

Depuis le début des années 1990 et ce jusqu’en 2001, c’est un exode massif vers l’Italie et la Grèce et l’Union Européenne. Un des quatre millions d’habitants que comptait l’Albanie qui l’a quitté le pays.

Une situation aggravée par la chute de la production agricole qui a entraîné un exode rural massif et en 1997, la crise dite de la « Pyramide bancaire », ou la moitié des Albanais perdit l’argent qu’ils possédaient sur leurs comptes.

Le gouvernement a réagi en pratiquant une politique nataliste et nationalistes destinées à ramener les albanophones dans leurs foyers d’origines. L’Albanie qui a perdu un quart de sa population en 18 ans est aujourd’hui un pays qui se vide de sa force de travail.

Les chiffres à ramener dans leurs contextes : on émigre pour survivre et pour la famille. Entre 2000 et 2002, on estime à 15% la participation des migrants albanais au Produit Intérieur brut (PIB) via les transferts en provenance de l’étranger.


L’intégration dans l’Otan

Depuis la chute du communiste, l’entré d’un pays dans l’Union européenne passe par son intégration dans l’Otan.

Les Etats-Unis se sont intéressés au pays et à sa situation stratégique à la fin des années 1990, au moment de la crise du Kosovo.

La récente réforme de l’armée albanaise – sur conseils des militaires américains dépêchés par l’Otan, lesquels ont pris un soin particulier à cette réforme (planifiée pour 2010, les 21.500 Albanais engagés sous les drapeaux se répartiront en une brigade de réaction rapide, une unité des forces spéciales et une unité de police militaire) – tend à prouver l’intérêt des officiels albanais de s’arrimer à l’Europe par le biais du Partenariat euro-atlantique, sous l’impulsion du Président Clinton. Cette tendance a été confirmée avec l’envoi d’un contingent au sein de la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS) en Afghanistan, soit un total de 140 hommes. C’est plus que la Grèce, pourtant membre depuis le premier élargissement, que la Macédoine, sa voisine, ou qu’une majorité des pays de l’élargissement de l’Otan de 2004.

Trafic d’arme

Pour M. Vickers, ce récent atlantisme n’a pas d’autre but que de remercier les Etats-Unis – et l’Otan – d’être intervenus en faveur de la libération du Kosovo contre les forces serbes de Slobodan Milošević. Mais pour R. C. Hendrickson, J. Campbell et Niel Mulikin, les forces albanaises continuent de raisonner militairement comme à l’ère communiste, et que seul le remplacement du matériel militaire soviétique au profit du matériel américain sera une preuve significative de l’attachement de l’Albanie à entrer dans l’Otan…

Visiblement les américains n’ont rien perdu de leurs sens du commerce !

Bonne volonté Albanaise

Face au crime organisé, l’Albanie a autorisé l’ouverture d’une antenne de la Drug Enforcement Administration (DEA), agence fédérale de lutte contre le narcotrafic, et du Federal Bureau of Investigation (FBI), agence chargée, entre autres, de la lutte contre les mafias. Une initiative qui n’inquiète pas particulièrement les chefs de la mafia albanaise qui ont des liens étroits avec la classe politique locale.

Grande Albanie

Ce n’est que très récemment que l’Albanie a abandonné ses prétentions de construire la « Grande Albanie », c’est-à-dire rassembler sous sa bannière les populations albanaises éparpillées dans les Balkans occidentaux, notamment en rattachant le Kosovo. Au cours d’une entrevue, menée par Politique Internationale, le Premier ministre Sali Berisha déclarait que le rêve d’unir les populations albanophones ne faisait que retarder l’Albanie dans son arrimage à l’Europe occidentale.

Un retournement très conjoncturel opéré après l’indépendance du Kosovo.

Intégration au sein de l’Union européenne

Après l’intégration de la Roumanie et de la Bulgarie, lesquelles sont régulièrement rappelées à l’ordre par la Commission européenne pour les affaires de corruption, le Premier ministre Sali Berisha plaçait l’adhésion de son pays dans une fourchette de dates située entre 2011 et 2016.

La mafia albanaise

Dans le crime organisé international, la mafia d’Albanie s’est spécialisée dans le trafic d’êtres humains et de la drogue. En 2006, les activités illégales de la mafia albanaise étaient estimées à plus de 2 milliards de dollars.

La drogue

Avec l’aide de l’UCK (Ushtria Çlirimtare e Kosovës, l’Armée de Libération du Kosovo), les trafiquants font transiter la drogue (cannabis, cocaïne, marijuana) de l’Albanie à la Grèce.

En mars 2001, fut arrêté l’ancien chef de la police judiciaire, Sokol Koçiu, un proche de l’ancien commandant de l’UCK, Ramush Haradinaj, et d’un trafiquant kosovar, lesquels avouèrent utiliser des sociétés écrans basées à Tirana pour exporter librement leurs drogues en Grèce. Citons aussi l’utilisation des voitures diplomatiques albanaises dans le trafic pour échapper aux contrôles minutieux de la KFOR (Force de maintien de la paix dirigée par l’Otan au Kosovo).

Prostitution et trafic d’êtres humains

L’autre spécificité de la mafia albanaise est d’être la plaque tournante du trafic d’êtres humains. En accord avec les mafias italiennes, les membres de la mafia albanaise servent de passeurs aux immigrés clandestins et participent au trafic d’enfants (adoptions illégales, pédophilie, etc.) Les femmes albanaises sont nombreuses à sombrer dans la prostitution et la drogue. une situation favorisée par l’immigration massive des albanais dont certains choisissent la voie du crime organisé.

Ce phénomène s’explique par le laxisme et la corruption dont ont fait preuve certains hommes politiques et cadres de la police d’Albanie. Le maillage mafieux est bien connu des spécialistes : le Nord-Ouest, Centre-Ouest, où la mafia utilise les recettes classiques pour le blanchiment (restaurants, boîtes de nuit, hôtels, bars, grandes villas donnant sur la mer), et l’Est du pays, où les principaux chefs des quinze clans mafieux résident au sein de places fortes étroitement surveillées.