Citations

« Cent "non" font moins de mal qu'un "oui" jamais tenu. »
Sagesse asiatique.

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« Il est important de promouvoir une unité qui ne peut pas et ne veut pas être une uniformité, mais qui est capable de garantir le respect des différences nationales et des diverses traditions culturelles qui constituent une richesse dans la symphonie européenne, en rappelant d’autre part que “l’identité nationale elle-même ne se réalise que dans l’ouverture aux autres peuples et à travers la solidarité envers eux” (Ecclesia in Europa, n. 112). »

Benoît XVI, Palais de l’Élysée, 12 septembre 2008

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Mise en ligne (colonne de droite) de documents de l'Institut de Relations Internationales & Stratégiques (IRIS)

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Nouvelle offensive d'été de l'ARN

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samedi 20 décembre 2008

Les revenus des agriculteurs chutent

Après la flambée des prix agricoles, l'an dernier, voici la flambée des coûts de production en 2008. Et cela a pesé lourd dans l'équation du revenu des agriculteurs si l'on en juge par les données des statisticiens du ministère de l'Agriculture.Globalement, le revenu agricole s'affiche en réduction de 15 % par rapport à celui de 2007.



Cette dégradation s'explique par une flambée du prix de l'énergie, des aliments du bétail (sous l'impact du prix des céréales) mais aussi des engrais. L'ardoise payée par les agriculteurs a explosé dans tous les compartiments. Tout cela est facteur de hausse des prix. Les consommateurs en pâtissent sans que les agriculteurs en profitent... puisqu'ils repaient à leurs fournisseurs ce qu'ils gagnent sur leurs clients.


Le marché n'est pas tendre pour les éleveurs de bovins de viande ; leur revenu s'effondre de 32 %. Les maraîchers (- 16 %) et producteurs de fruits (- 26 %) ne s'en sortent pas tellement mieux.Seuls deux ou trois métiers s'en sortent : les producteurs de lait, d'abord (+ 23 % pour leur revenu). Si la forte hausse du prix du lait en début d'année a permis de compenser des coûts plus élevés, l'euphorie a été de courte durée. Depuis octobre le marché du lait est en crise.Champions du revenu l'an dernier, les producteurs de céréales voient eux aussi leur revenu chuter cette année (- 37 %). Avec cette diminution quasi-générale, le paysan français moyen retrouve le niveau de revenu de 2000.


Parallèlement, la concentration des fermes se poursuit. Le nombre des agriculteurs continue à diminuer de 2,5 % chaque année.

"La faiblesse de la concurrence est la principale raison au maintien de prix élevés", explique ce rapport sur "la formation des prix alimentaires".
Ce niveau de la concurrence joue davantage que le niveau des prix agricoles pour la détermination des prix alimentaires. Une étude constate notamment que le consommateur trouve une situation concurrentielle dans seulement 13% des marchés locaux.

Le rapport cite l'exemple de Nantes, où les prix sont parmi les plus faibles de France grâce à la concurrence importante entre les grandes enseignes.
Aux Pays-Bas, le niveau relatif des prix par rapport à la moyenne de l'Union Européenne a baissé de plus de 15% depuis 2003, année de lancement d'une guerre des prix entre distributeurs.


Le "hard discount" est une autre option pour baisser les prix, éprouvée avec succès en Allemagne, mais il se concentre sur des produits d'appel à prix faibles et ne concerne que les produits de base.

Le niveau des prix dans la grande distribution en France et en Allemagne est sensiblement supérieurs à ceux observés en Espagne et aux Pays-Bas.

le revenu net d’une entreprise agricole a baissé de 15,9% en 2008 selon l'Insee

un rapport d'Eric Besson,

jeudi 11 décembre 2008

Les pourparlers sur l'entrée de la Turquie se poursuivent

Lors de la réunion, les chefs des diplomaties des 27 pays membres ont demandé à la Turquie, qui frappe à la porte de l'Union, de redoubler d'efforts pour accomplir les réformes.

La Commission européenne avait déclaré le mois dernier que les négociations avec Zagreb pourraient être conclues en 2009 si les autorités croates prenaient les bonnes mesures. Parmi les difficultés que pose aux Vingt-Sept l'adhésion de la Croatie figurent la poursuite de son litige territorial avec la Slovénie, déjà membre de l'UE, et les doutes sur sa coopération avec le Tribunal pénal international sur l'ex-Yougoslavie (TPIY) .

La France et l'Allemagne, notamment, estiment que les Vingt-Sept doivent d'abord ratifier le traité de Lisbonne rationalisant le processus communautaire de prise de décision avant de penser à admettre de nouveaux partenaires.

Dans leur communiqué, les ministres disent attendre des progrès de la Croatie en matière de réformes économique, judiciaire et administrative, de lutte contre la corruption et le crime organisé, ainsi que dans les domaines de la protection des minorités, de la réinsertion des réfugiés et de la répression des crimes de guerre.

Les ministres rappellent qu'il est demandé au gouvernement turc de réformer son système judiciaire, de mieux lutter contre la corruption et la torture, de mieux garantir la liberté d'expression et de religion, de mieux protéger le droit des minorités et de mieux contrôler l'armée.

Les pourparlers sur l'entrée de la Turquie ont été engagés en 2005, en même temps que ceux sur l'adhésion de la Croatie, malgré son conflit persistant avec Chypre, autre nouveau membre de l'UE.

La Grèce va-t-elle devoir quitter la zone euro?

Compte tenu de l'état de ses finances publiques, la question n'est plus tout à fait saugrenue. Les émeutes qui secouent le pays depuis dimanche sont indirectement la conséquence d'une crise économique pernicieuse qui ronge ses services publics, sa compétitivité, sa crédibilité et donc son accès aux financements extérieurs. La richesse individuelle reste inférieure à la moyenne de l'Union et le chômage des jeunes reste très élevé, une réalité qui est couplée à une décrépitude marquée du système universitaire.

La qualité de la dette publique s'érode. En cette fin 2008, le gouvernement grec doit proposer un taux d'intérêt de 4,64% pour convaincre les investisseurs d'acheter ses obligations. Rien à voir avec les bons élèves de la zone euro. L'Allemagne persuade les acheteurs avec seulement 3,06%. Cet écart, ce "spread" entre les taux, n'a jamais été aussi important.

Comme il est très cher de se refinancer sur les marchés internationaux, il semble que le gouvernement grec ait trouvé un subterfuge: se servir dans les recettes de l'Assurance-maladie pour combler son déficit. Pendant ce temps là, le système de santé vacille. Les organismes d'assurance-maladie, privés de capitaux publics, n'honorent plus les remboursements obligatoires. En conséquence, tous les acteurs de la filière, des hôpitaux aux pharmacies, sont paralysés. Etranglés par une dette de 4 milliards d'euros, les hôpitaux vivotent. Les seringues manquent. Les interventions chirurgicales sont rationnées. Les fournisseurs ne livrent plus et saisissent certains matériels pour s'assurer. Les entreprises pharmaceutiques américaines menacent même de quitter le pays si elles ne sont pas payées.



Les très coûteux jeux Olympiques de 2004 avaient également déstabilisé ses finances. Pour rembourser une dette publique qui représente au moins 90 % du PIB (plus de 110 % en 1996 alors que le traité de Maastricht impose un maximum de 60 %), on aurait effectué des prélèvements également à l'Éducation nationale et à l'Environnement. Il est vrai que la Grèce est une habituée des scandales financiers de haut vol. Il y a quelques années, elle avait reconnu avoir menti pendant longtemps à la Commission européenne sur le montant exact de son déficit .

mercredi 26 novembre 2008

La crise financière démontre l'inefficacité de l'UE.

La crise financière à une nouvelle fois démontré l'inutilité et l'inefficacité de l'UE. La plupart des pays européens à commencer par l'Allemagne ont annoncé leur plan anti-crise dès le mois d'octobre sans consultation de leur voisins.

Voici les principales mesures nationales de soutien à l'activité économique annoncées ou programmées jusqu'ici par les principaux pays européens.


Grande-Bretagne: Le gouvernement doit annoncer des allègements fiscaux pour 15 ou 16 milliards de livres (18 à 19,2 milliards d'euros), avec principalement une baisse de 2,5 points de la TVA, qui passerait ainsi de 17,5% à 15%. Londres envisage aussi l'extension d'un abattement fiscal de 120 livres par an consenti aux contribuables les plus modestes, ou un report du projet d'augmenter le taux de l'impôt sur les plus petites sociétés.


Allemagne:Quinze mesures adoptées début novembre, parmi lesquelles une exonération de taxes sur les achats de voitures neuves ou encore un renforcement des aides au financement des PME. En octobre, l'Allemagne avait préalablement annoncé des baisses de cotisations sociales ou encore une augmentation des allocations pour les jeunes enfants. Berlin estime l'enveloppe à 32 milliards d'euros sur deux ans, soit 1,3% du PIB national.


France:Plan de soutien annoncé le mois dernier de 22 milliards d'euros pour aider au financement des PME, et exonération totale de la taxe professionnelle jusqu'au 1er janvier 2010 pour les nouveaux investissements des entreprises en France (coût: un milliard d'euros par an). Paris veut créer un fonds souverain national ("Fonds stratégique d'investissement") doté de 20 milliards d'euros et destiné à soutenir l'industrie du pays dans la crise et à défendre les secteurs stratégiques contre tout "prédateur" étranger.


Italie: Plan anti-crise en préparation que Rome chiffre à 80 milliards d'euros. Il s'agit d'aider les familles à faibles revenus (chèque de bonus, réduction des factures d'électricité et de gaz, carte prépayée pour les biens de première nécessité), les entreprises (déductions fiscales, augmentation des ressources du fonds de financement du chômage technique), et de financer des projets d'infrastructure.


Espagne: Le gouvernement compte dévoiler les détails d'un plan d'investissements publics contre le chômage, d'un montant non précisé (accélération du rythme des grands travaux et soutien au secteur automobile).


Pays-Bas: Le gouvernement vient d'annoncer des mesures, fiscales notamment, pour soutenir leurs entreprises d'un montant de six milliards d'euros, soit 1% de leur produit intérieur brut (PIB). Il est aussi prévu une indemnisation partielle, sous conditions, des salariés au chômage technique en raison de la situation économique.


Hongrie: Le gouvernement a présenté mi-novembre un plan d'aide de 1.400 milliards de forints (5,4 milliards d'euros) sur deux ans pour aider les entreprises face à la crise. Le programme prévoit pour les PME des aides, garanties de crédit et taux d'intérêts préférentiels. Des baisses de charges sociales sont aussi programmées.


Autriche: Les partis social-démocrate et conservateur autrichiens prévoient un programme de relance de plus de trois milliards d'euros. Ce projet inclut 2,2 milliards d'allègements fiscaux dès 2009.

dimanche 16 novembre 2008

Crise financière: les banques cherchent des fonds.

Face à la crise, les banques cherchent toujours des fonds, que ce soit par recapitalisation ou par aide au refinancement.

France: la Société de financement de l'économie (SFEF), a distribué vendredi 5 milliards d'euros à sept banques (dont les noms n'ont pas été dévoilés mais qui seraient BNP Paribas, Banques populaires, Caisse d'Epargne, Crédit Agricole, Crédit Mutuel, HSBC et Société Générale).
Grande-Bretagne: selon le quotidien The Observer, Barclays pourrait ainsi dévoiler un emprunt obligataire de 2 milliards de livres, dont la moitié serait souscrit par son premier actionnaire, l'Autorité d'investissement du Qatar (QIA). Mi-octobre, la banque avait annoncé qu'elle allait lever plus de 6,5 milliards de livres (environ 8,2 milliards d'euros) en plusieurs étapes, et elle a déjà émis avec succès mercredi un emprunt obligataire de 3 milliards d'euros.

Allemagne: d'après l'hebdomadaire Der Spiegel, les banques publiques régionales WestLB et HSH Nordbank voudraient faire appel à l'aide de l'Etat allemand dans le cadre de son plan de sauvetage du secteur bancaire, pour l'heure, seule la BayernLB, banque publique régionale de Bavière, a sollicité l'aide de l'Etat fédéral à hauteur de 5,4 milliards d'euros. Postbank a annoncé lundi une augmentation de capital d'urgence d'un montant maximal de 1 milliard d'euros, qui pourrait être souscrite à 100% par sa maison-mère Deutsche Post.

Autriche: la Kommunalkredit Austria AG, spécialisée dans le crédit aux communes et dont la banque franco-belge Dexia est une des principales actionnaires, elle a entamé dimanche des discussions avec le ministère des Finances afin de pouvoir disposer de l'aide de l'Etat, qui pourrait racheter des parts ou souscrire à une augmentation de capital.
Belgique: la banque KBC a annoncé que l'Etat belge allait injecter 3,5 milliards de livres dans son capital, alors que son cours de Bourse chute. L'Etat ne bénéficiera pas de droit de vote sur ses actions. KBC était jusqu'alors la seule grande banque belge ou présente en Belgique à ne pas avoir eu recours au soutien de l'Etat ou de groupes étrangers face à la crise, contrairement à Dexia, Fortis et ING.

Etats-Unis: David Nason, le secrétaire au Trésor adjoint chargé des institutions financières, a expliqué lundi sur CNBC que les 125 milliards de dollars destinés à recapitaliser les neuf plus grandes banques des Etats-Unis seraient débloqués cette semaine. Les neuf banques concernées sont Citigroup, JPMorgan Chase, Bank of America, Wells Fargo, Goldman Sachs, Morgan Stanley, Merrill Lynch, Bank of New York Mellon et State Street.

dimanche 2 novembre 2008

La confiance de la zone euro est tombée à son plus bas niveau

La confiance économique de la zone euro est tombée en octobre à son plus bas niveau depuis ces 16 dernières années, selon une enquête publiée le jeudi 30 octobre 2008 par la Commission européenne (CE).

L'indicateur du climat économique dans les 15 pays de la zone euro a baissé de 7,1 points à 80,4 en octobre, le plus bas record jamais atteint depuis 1993. Il s'agit aussi de la plus grande baisse en un mois depuis le début de l'enquête du genre de la CE en janvier 1985.

Dans les 27 pays de l'Union européenne (UE), l'indicateur mensuel a diminué de de 7,4 points à 77,5, qui constitue aussi le plus grand déclin mensuel jamais atteint depuis 1993 dans l'Union.
L'enquête de la CE est menée dans les différents secteurs de l'économie, dont l'industrie, les services, la construction et le commerce de détail ainsi que auprès des consommateurs.

Aussi bien dans la zone euro que dans l'UE, la confiance économique a considérablement diminué dans tous les secteurs. La confiance des consommateurs a atteint son plus bas niveau depuis près de 15 ans. L'indicateur de la confiance des services a accusé son plus bas niveau depuis douze ans. Les indicateurs de la confiance de l'industrie et de la construction ont aussi diminué de manière considérable en octobre.

Tous les pays membres de l'UE ont rapporté une baisse de leur confiance économique. Parmi les grands pays membres, la confiance s'est affaiblie plus nettement dans les Pays-Bas (-11,3 points), suivis par la France (-6,5), l'Italie (6,1) et la Grande-Bretagne (5,7).
La confiance économique en Allemagne, la plus grande économie dans l'UE, a enregistré une baisse moyenne de 4,8 points en octobre.
En même temps, l'indicateur du climat des affaires (BCI) pour la zone euro a encore diminué en octobre pour tomber à son plus bas niveau depuis 2001, a déclaré la CE dans une autre enquête.
"Le bas niveau de l'indicateur suggère que l'activité industrielle demeure faible", a dit la CE.
L'affaiblissement de la confiance a intensifié des préoccupations largement répandues que l'économie de la zone euro est au bord de la récession en raison de la crise financière.


Source Xinhua

jeudi 30 octobre 2008

L’Allemagne, entre européisme et mondialisme

Intervention prononcée par Edouard Husson, Maître de conférence à l'Université de Paris IV, au colloque du 17 mars 2008, Le commerce extérieur allemand : l'Allemagne au sommet de l'Europe ?

Merci, Monsieur le Président. Je vais introduire notre discussion de ce soir en montrant les rapports paradoxaux que l’Allemagne entretient avec l’Europe par son commerce extérieur.

Ensuite, mon collègue Hervé Joly abordera, lui aussi en historien, la question du comportement des entreprises allemandes sur la longue durée. 

Ensuite nous entendrons Monsieur Seidel qui, dans un exposé plus théorique, nous parlera de l’actualité du débat allemand. 

Je tiens en commençant à remercier le Professeur Hans Werner Sinn de l’IFO de nous avoir envoyé un de ses assistants pour participer à ce débat. Je crois que nous allons en tirer beaucoup parce que l’IFO est l’un des endroits en Allemagne où l’on débat de façon très intensive de la question du commerce extérieur. 

Capacités exportatrices et chômage durant le premier mandat de Gerhard Schröder, le « modèle économique allemand » apparaissait mal en point. Et puis, durant son second mandat, à partir de 2002, malgré la persistance d’un chômage de longue durée, le précédent chancelier a pensé pouvoir mesurer la réussite relative de sa politique économique aux chiffres du commerce extérieur allemand : depuis quelques années la République Fédérale d’Allemagne accumule des excédents gigantesques : environ 130 milliards d’excédents en 2002 et 2003. Environ 160 milliards d’excédents en 2004 et 2005, et 190 milliards en 2007(1). Ces chiffres font penser à beaucoup, en particulier en France où l’on crédite spontanément les Allemands d’une supériorité intrinsèque en matière économique, que la machine productrice allemande est repartie, après quelques années de stagnation dues essentiellement à la réunification et que la résorption du chômage n’est qu’une question de temps. Un simple examen des chiffres, sur une plus longue durée, permet d’en douter. 

Les années de plein emploi de la République Fédérale d’Allemagne, entre les années cinquante et le milieu des années 1970 sont des années d’excédents commerciaux modérés, inférieurs à dix milliards d’euros jusqu’en 1972. Depuis les années 1980, la République Fédérale d’Allemagne a régulièrement des excédents commerciaux spectaculaires mais est entrée aussi dans l’ère du chômage de masse : sous Helmut Kohl (1982-1986), le chômage a été multiplié par deux (4,5 millions de chômeurs en 1998), tout comme les excédents commerciaux (65 milliards d’euros en 1998). On ajoutera, en s’établissant dans une plus longue durée historique, que lors de la phase de mondialisation de l’économie du début du XXe siècle, le Reich était commercialement déficitaire (1 milliard de mark-or en moyenne pour les années 1899-1903 et 1,5 milliards pour les années 1909-1913) ; cela n’empêchait pas le pays d’être le cœur industriel du continent européen(2). Bien entendu, il ne s’agit pas ici d’établir une corrélation entre capacité à l’exportation et croissance du chômage mais de souligner que les chiffres spectaculaires du commerce extérieur allemand, depuis les années 1980 au moins, ne sont pas synonymes de bonne santé économique du pays. On bute même sur le paradoxe de la coexistence entre un chômage de masse en Allemagne et une capacité exportatrice sans précédent. 

Les bienfaits de la mondialisation semblent bien n’être, dans le cas de l’Allemagne, qu’apparents. L’ouverture croissante des échanges, à partir du milieu des années 1970 semble avoir profité aux entreprises plus qu’au pays tout entier. 

La quincaillerie industrielle du monde ? Dans un ouvrage qui suscite une grosse controverse en Allemagne, depuis sa parution en 2005, Die Basar-Ökonomie (L’économie de bazar)(3), l’économiste Hans Werner Sinn, directeur de l’Institut d’Analyse Economique IFO, propose une analyse sans complaisance de la situation économique du pays. Il y a, selon lui, toutes les raisons de s’inquiéter du décalage de plus en plus grand entre les performances commerciales du pays et l’incapacité des chanceliers successifs depuis Helmut Schmidt, à la fin des années 1970, à poser le cadre politique d’un recul effectif du chômage. Sinn fait remarquer que l’Allemagne est, avec le Japon, le pays qui a connu la plus forte désindustrialisation au sein de l’OCDE, depuis le début des années 1990 : quand la France a perdu 12% de ses emplois industriels entre 1991 et 2003, et les Etats-Unis 5%, l’Allemagne et le Japon en ont perdu respectivement 27 et 24%. Mais si l’on fait la part de la désindustrialisation de l’ancienne RDA, la seule RFA, dans ses frontières de 1989, a perdu, sur la même période, 22% de ses emplois industriels. La crise du secteur industriel allemand est à l’origine de 90% des suppressions d’emploi. L’économiste allemand insiste également sur le fait que l’Allemagne est, de tous les pays de l’OCDE, celui qui connaît le plus fort taux de chômage de la main d’œuvre peu qualifiée (14,2% contre 10,7 en France, 6,3 en Suède et 2,3 en Norvège)(4).

Comme leurs partenaires occidentales, mais de manière plus marquée encore, c’est en priorité les emplois peu qualifiés que suppriment les entreprises allemandes, qui délocalisent massivement vers l’Europe orientale, le continent américain et la Chine. Prenant d’autres instruments de mesure, Hans-Werner Sinn pense pouvoir retracer la dynamique qui conduit aux actuels excédents commerciaux allemands. Examinant plusieurs secteurs d’excellence de l’industrie allemande, il attire l’attention sur la réduction de la part de valeur véritablement créée par les entreprises du secteur lui-même dans la valeur totale des produits. Prenons trois années de référence : 1970, 1990 et 2002. Pour l’électronique, les chiffres sont, respectivement, de 51, 47 et 37%. Pour la construction de machines-outils, de 44, 42 et 41%. Pour l’industrie automobile, de 43, 36 et 27%. Pour l’industrie chimique, de 44, 41 et 36%. Pour la métallurgie, de 39, 40 et 38%. Deux aspects sont à prendre en compte : la part de la valeur d’un produit qui revient à d’autres entreprises en Allemagne (outsourcing) ; et celle qui revient à la production à l’étranger (offshoring). 

En 1995, 20% des composantes des produits finis étaient produites par des entreprises à l’étranger, en 2000, 26%, soit la plus forte augmentation pour un pays d’Europe. Entre 1995 et 2005, la croissance de la production industrielle ne revient que pour 17% aux entreprises du secteur industriel en Allemagne mais pour 33% à des entreprises allemandes d’autres secteurs et pour 50% à des entreprises situées à l’étranger. Sur les années 1992-2004, la valeur de la production industrielle a augmenté globalement de 26% mais la part de croissance revenant à des entreprises d’autres secteurs en Allemagne est de 29% et celle revenant à des entreprises situées à l’étranger de 64%(5).
 
Selon Hans-Werner Sinn, ce sont les coûts salariaux en Allemagne dans le secteur industriel qui ont un effet dissuasif pour les entreprises et les poussent à externaliser ou à délocaliser. Un ouvrier allemand était payé en 2004 27,60 euros de l’heure, contre 23, 32 pour un Suédois, 20,74 pour un Français, 18,79 pour un Irlandais et 7,21 pour un Portugais, 4,49 pour un Tchèque, 1,45 pour un Bulgare et 1,10 pour un Chinois. Les entreprises allemandes ont, au moins depuis le début des années 1990, procédé à des délocalisations massives d’emploi et créé des chaînes de production mondiales où elles réservent à l’Allemagne les activités où la main d’œuvre doit être particulièrement qualifiée. Les emplois industriels qui subsistent en Allemagne concernent essentiellement la finition des produits, le montage de pièces fabriquées partout ailleurs dans le monde. Le secteur chimique ou celui des machines-outils sont moins touchés par l’internationalisation des chaînes de production et les délocalisations d’emploi que l’industrie automobile ou l’électronique parce qu’il s’agit de secteurs où l’avance allemande reste plus forte par rapport aux concurrents. Mais l’on a affaire à une tendance de fond, la concentration, en Allemagne même, sur la fin des chaînes de production et la réexportation de produits montés en Allemagne à partir de composantes fabriquées ailleurs. Ces produits finis peuvent être vendus cher parce qu’ils portent le label « Made in Germany ». Et c’est ce qui crée, selon Hans-Werner Sinn, les surplus commerciaux spectaculaires. Selon Sinn, on exagère à peine en disant que l’Allemagne profite de sa réputation industrielle mais qu’elle devient progressivement le « magasin industriel », le « bazar », la « quincaillerie » du monde. C’est chez elle que l’on continue, et que l’on continuera encore quelques années à venir, à s’approvisionner en produits industriels de bonne qualité. Mais il ne faut pas se dissimuler, dit-il, que si la part de production réellement effectuée en Allemagne ne cesse de diminuer, c’en est fini, à terme, du « Made in Germany ». Il existerait donc une illusion de la société allemande concernant les actuelles performances à l’exportation du pays. Les entreprises allemandes sont obligées de se concentrer sur la fin des chaînes de production et, pour justifier le maintien des sites de production allemands, elles ont fait en sorte d’obtenir, ces dernières années, le maximum de gains de productivité. Ce qui a signifié aussi l’augmentation du chômage, la main-d’œuvre étant massivement remplacée par des robots et seuls les travailleurs les mieux qualifiés restant pour assurer leur manipulation.

Les performances à l’exportation ne sont pas incompatibles avec un chômage de masse. Un seul remède : libéraliser le marché du travail ? Hans-Werner Sinn propose une libéralisation poussée du marché du travail, pour rendre la main-d’œuvre allemande à nouveau concurrentielle. La flexibilité médiocre du marché du travail est, d’un point de vue libéral, un sérieux handicap pour l’économie allemande, en particulier du point de vue de la main d’oeuvre la moins qualifiée : mise en concurrence avec une main d’œuvre guère plus qualifiée mais qui accepte d’être payée cinq, dix ou quinze fois moins cher, elle est automatiquement écartée de l’accès à l’emploi. Mais jusqu’où peut-on aller ? On touche là aux limites de la pensée économique néo-libérale appliquée au monde actuel. Imaginons que les peuples d’Europe de l’Ouest, ce qui est loin d’être le cas, entrent dans la logique de la flexibilisation totale du marché du travail. Si l’on en fait l’unique instrument d’action, on ne rendra pour autant jamais concurrentielle notre main d’œuvre. Il est impossible, comme le souligne Sinn lui-même, que l’écart salarial entre l’Allemagne et la Bulgarie, ou la Chine, se réduise en moins de deux générations. « A long terme, nous serons tous morts » a déclaré Keynes un jour à ceux qui prônaient un libéralisme absolu pour faire régresser le chômage sur le « long terme ». 

Pour les économistes néo-libéraux, la mondialisation est un fait inéluctable, il faut vivre avec l’exclusion sociale qu’elle engendre, en faisant un effort de formation pour les nouvelles générations et concentrer les secteurs industriels de nos économies sur les hautes technologies, sur les domaines qui demandent une forte concentration du capital et non de la main d’œuvre. Mais l’hyperconcentration sur la fin des chaînes de production, qui nécessitent un fort apport capitalistique n’est-elle pas précisément le symptôme de cette « économie de bazar » pointée du doigt par Hans-Werner Sinn ? L’économiste munichois, au-delà de la dénonciation – légitime mais à l’opposé de l’aspiration au salaire minimum actuellement répandue en Allemagne - des rigidités du marché du travail, bute, sans vraiment chercher à les résoudre, sur les impasses de la mondialisation sous sa forme actuelle. Il refuse toute forme de protection du marché du travail national ou européen, même un rétablissement de tarifs douaniers qui se substituerait à la coûteuse et trop souvent inefficace protection sociale. Son argument est que l’Allemagne est trop dépendante des marchés extérieurs pour l’exportation de sa production. Un repli protectionniste serait mortel, dit-il, pour le seul pan de l’économie qui fonctionne malgré tout, celui des entreprises tournées vers l’exportation – les exportations allemandes ont représenté 36% du PIB en 2005. Il vaut peut-être la peine, ici, de rappeler que beaucoup des actuels néo-libéraux, oublient de relire leurs grands ancêtres : qui a écrit : « A la vérité, s’attendre que la liberté du commerce puisse jamais être entièrement rendue à la Grande-Bretagne, ce serait une folie aussi grande que de s’attendre à y voir jamais réaliser la république d’Utopie ou celle d’Océana » ? 

C’est Adam Smith, au chapitre II du Livre IV de La Richesse des nations(6). Relisez ce chapitre et vous comprendrez ce qui distingue l’époque où les libéraux n’avaient pas oublié que l’analyse économique s’enracine dans la philosophie morale, la sociologie et l’histoire de l’économétrie triomphante chez beaucoup de néo-libéraux ou même du dogmatisme en matière de libre-échangisme des « ordo-libéraux » dans la République Fédérale des années 1950. On oublie trop souvent aujourd’hui – encouragés par la modélisation mathématique ou par l’assimilation abusive entre protectionnisme et refus de l’économie de marché – que Smith ou Ricardo mettaient bien des conditions à ce qu’ils appelaient la « liberté du commerce ». La théorie des avantages comparatifs, que l’on nous serine depuis trois décennies, n’est développée par Ricardo qu’à propos d’économies de développements à peu près équivalents. Pour être parfaite, la concurrence doit être non faussée. Et c’est en authentique héritier de Smith ou de Ricardo que Maurice Allais ne cesse de dénoncer l’illusion qui entoure la mondialisation sous sa forme actuelle : il ne peut y avoir un véritable libre-échange en l’absence d’ordre monétaire et dans l’asymétrie radicale provoquée par des écarts de salaire qui vont de un à trente. La question que nous devons poser à nos amis allemands est de savoir si l’enthousiasme pour le libre-échange mondial, répandu chez les économistes qui ont construit le « modèle allemand » de l’ère Erhard, peut servir de pensée économique dans le monde actuel. Je voudrais attirer l’attention sur trois éléments : 
• le commerce extérieur allemand reste aux deux tiers un commerce interne au continent européen. 
• Les entreprises allemandes ont substitué la logique du « made by Siemens » à celle du « made in Germany » et il faut poser la question du coût social de cette politique. 
• Une mise en perspective historique s’impose entre la mondialisation d’aujourd’hui et celle d’avant 1914, qui fera ressortir d’étonnantes continuités. L’Allemagne commerce encore pour 40% avec la seule zone euro Les chiffres sont incontestables – aujourd’hui encore, ce sont les importations européennes et même celles de l’Union européenne qui tirent les exportations allemandes. 
• Dans les dix premiers pays destinataires des exportations allemandes, en 2005, il y a six pays de la zone euro, sept membres de l’Union européenne et neuf pays européens. 
• Dans les vingt premiers pays destinataires des exportations allemandes, on compte neuf pays de la zone euro, douze membres de l’Union européenne, et seize pays européens, dont la Russie. • Dans les trente premiers pays destinataires des exportations allemandes, il y a dix pays de la zone euro, treize membres de l’Union européenne et vingt pays européens. 
• La zone euro permet à l’Allemagne de réaliser environ 43% du produit de ses exportations ; l’Union Européenne 62% et l’Europe 75% ! 
• la Grande-Bretagne représente environ 7% du produit des exportations allemandes, performance située entre les USA (9%) et le Japon (5%). 
• Pour l’instant, la Chine absorbe autant d’exportations allemandes que la Pologne et quatre fois moins environ que la France. 
• La France reste le premier partenaire de la RFA, absorbant 10% des exportations allemandes. Regardons à présent ce qu’il en est des importations. 
• Dans les dix premiers fournisseurs de l’Allemagne en 2005, on trouve cinq pays de la zone euro, six membres de l’Union européenne et huit pays européens, dont la Russie. 
• Dans les vingt premiers fournisseurs de l’Allemagne, on trouve sept pays membres de la zone euro, treize pays membres de l’Union européenne et seize pays européens. 
• Dans les trente premiers pays fournisseurs de l’Allemagne, on trouve neuf pays membres de la zone euro, quinze pays membres de l’Union européenne et vingt pays européens. 
• L’Allemagne se fournit pour 40% dans la zone euro ; pour 58% dans l’Union européenne et 70% sur l’ensemble du continent européen. 
• Onzième pays importateur de produits « made in Germany », la Chine est le quatrième fournisseur de l’Allemagne, quasiment à égalité avec les Etats-Unis (respectivement 6,3 et 6,5% des importations allemandes). 
• La France et les Pays-Bas fournissent chacun presque 9% des exportations allemandes. Le commerce extérieur allemand reste, jusqu’à nouvel ordre, centré sur l’Europe et plus particulièrement sur l’Union européenne. Malgré une croissance relativement faible, ces dernières années, par rapport au reste du monde, la zone euro représente, à elle seule, 40% du commerce extérieur allemand. Le Marché Commun des Pères fondateurs continue à absorber 29% des exportations allemandes et à fournir 29% des importations allemandes ! A l’inverse, la Chine, ne fournit pour l’instant que 6,3% des importations allemandes et n’absorbe que 2,5% des exportations de la République Fédérale. Combien de temps faudrait-il pour faire de la Chine un partenaire commercial aussi intéressant pour l’Allemagne que la « vieille Europe » ? Ajoutons que bien évidemment la substitution d’un pays comme la Chine aux grands partenaires commerciaux actuels de l’Allemagne, qui se trouvent en Europe, signifierait la destruction de l’environnement économique historique de l’Allemagne. Relancer la croissance européenne rapportera plus économiquement que jouer la carte de la mondialisation. 

Devant la faiblesse de la croissance de ses principaux partenaires et la stagnation en Allemagne même, les organisations patronales allemandes misent sur la conquête de nouveaux marchés à l’exportation : Europe de l’Est, Chine, Inde, Amérique latine, Asie centrale, Moyen-Orient. Elles militent pour la poursuite de l’instauration d’un libre-échange absolu, sont disposées à sacrifier l’agriculture européenne en échange de l’accès libre au marché industriel et des services dans les pays en développement. Sauf en ce qui concerne l’Europe de l’Est, il s’agit d’un mauvais calcul. Les pays en développement n’améliorent qu’à la marge les chiffres des exportations allemandes. La Chine ou l’Inde sont des marchés problématiques car ils sont plus intéressés par la délocalisation des emplois européens à leur profit que par l’augmentation des importations qu’ils effectueraient en provenance de l’Europe : les gains qu’ils procurent à l’Allemagne sont provisoires (comparés à la dynamique de croissance de la Communauté puis de l’Union européenne sur cinq décennies) puisque ces pays ont vocation à s’insérer dans des zones commerciales régionales asiatiques. Un jour, les transferts de technologie leur permettront de se passer d’importer leurs machines-outils ou leurs voitures d’Allemagne. Si l’on ajoute la prise en compte des incertitudes qui pèsent sur l’avenir de la consommation aux Etats-Unis (pays dont la RFA est devenue beaucoup plus dépendante dans les années 1990), il serait beaucoup plus utile à l’Allemagne de réfléchir aux moyens de relancer la croissance chez elle et chez ses principaux partenaires commerciaux. Un retour à la croissance en Allemagne passe par la redynamisation des principaux partenaires commerciaux, hors Etats-Unis. Cela veut dire relancer la croissance dans l’UE, et en particulier dans la zone euro. La relance de la croissance dans la zone euro ne peut pas passer par la seule libéralisation du marché du travail. Ou, plutôt, cette dernière, indispensable pour libérer les forces créatrices présentes dans nos sociétés – ou éviter que les individus les plus innovateurs ne partent travailler ailleurs – doit être accompagnée d’un certain nombre d’autres mesures. Il faut comprendre que nos sociétés, pour lesquelles l’Etat-providence, même menacé, reste un amortisseur des chocs causés par la mondialisation, n’accepteront la concurrence et les remises en causes des « avantages acquis » que si elles ont le sentiment d’être protégées en même temps contre les asymétries de la mondialisation. Des mesures indispensables comme l’allègement des charges sociales, ou la réforme d’un système éducatif vidé de sa substance par l’égalitarisme mal compris du collège unique (de la Gesamtschule en Allemagne), ou l’investissement dans la recherche n’auraient aucun sens si elle ne s’accompagnaient pas de mesures correctrices des asymétries de l’économie internationale. 

Le vrai libéralisme est dans le maintien des grands équilibres (équilibre des pouvoirs, équilibre des puissances, équilibre budgétaire, équilibre commercial etc…). C’est pourquoi il faudra commencer par combattre : 
• l’asymétrie du système monétaire international, qui, centré sur l’étalon-dollar, attire 75% de l’épargne mondiale aux Etats-Unis ; il serait temps que la zone euro ait une attitude plus offensive, soit qu’elle pousse jusqu’au bout la logique de rigueur monétaire, en instaurant un euro-or qui attirerait les capitaux vers l’Europe par la confiance qu’il inspirerait ; soit que la BCE développe une politique monétaire souple, à l’anglo-saxonne. 
• le dumping social des pays à bas salaires. Si l’on prend au sérieux le libéralisme économique et l’idée de concurrence parfaite sur lequel il repose, force est de constater qu’à partir du moment où un Etat qui reste largement totalitaire comme la Chine post-communiste met à la disposition des entreprises transnationales une main d’œuvre qui est dans l’incapacité d’exiger quelque justice sociale que ce soit et qui en fait travaille dans des conditions de véritable servage, la libre concurrence, en fait, n’existe pas. Dans ces conditions, il serait normal que l’Union européenne défende ses populations contre une concurrence déloyale et pénalise les entreprises qui profitent cyniquement de la contrainte politique encore pratiquée en Chine. Il faut savoir réintroduire le facteur temporel dans la réflexion économique. Il y a ce qui est de l’ordre du long terme : les investissements dans la formation et la recherche ; pour qu’ils puissent porter des fruits et, surtout, pour être en mesure de mobiliser les financements nécessaires, il faut empêcher toute déstabilisation à court ou à moyen terme. La mondialisation actuelle, qui se caractérise par des asymétries, est un facteur de déstabilisation sur le court terme. Pour assurer la réussite des réformes de longue haleine, il faut des mécanismes de protection externe. Cela passe, pour le sujet qui nous intéresse, par la préservation de l’emploi industriel, donc le retour au principe d’une « préférence communautaire » qu’on appellera plutôt « priorité européenne ». Imposer la « priorité européenne » Si l’on laisse de côté la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, qui ont fait le choix, dans les années 1980, de la désindustrialisation, les principaux partenaires commerciaux de l’Allemagne, qui se trouvent dans la zone euro, sont confrontés aux asymétries de la mondialisation, en particulier la pression des bas salaires chinois. L’absence de véritables règles à la mondialisation réduit d’avance à néant tous les efforts que pourront faire les sociétés en matière de compression du coût du travail ou de gains de productivité. Comment faire pour répondre à la fois aux exigences de compétitivité d’une économie moderne pleinement insérée dans la mondialisation tout en ne sacrifiant pas ce qui crée principalement la richesse d’un pays, l’emploi industriel - et donc sa capacité à s’équiper, à exporter et à se procurer les ressources financières qui lui permettront, suivant une répartition propre à chaque société, d’épargner, d’investir et de consommer ?(7) La seule réponse possible est celle d’une zone de libre-échange régionale – qui empêche chaque pays de s’endormir à l’abri de tarifs douaniers nationaux - qui soit capable en même temps de se prémunir contre les asymétries de la mondialisation grâce à des tarifs extérieurs communs. C’est la description de ce que fut le Marché Commun européen durant les Trente Glorieuses. Il est temps de revenir à la priorité européenne qui a fait la croissance de l’Europe après la Seconde Guerre mondiale. Si l’on reprend le raisonnement de Hans-Werner Sinn, pour l’affiner, il est certain qu’il faut libérer les forces créatrices des économies nationales en Europe, inexploitées ou sacrifiées à un coûteux financement de l’assurance chômage ; mais il faut tenir compte aussi du fait que l’intérêt de l’Europe n’est pas dans une course vers la compression des salaires. L’économie allemande est entrée dans un cercle vicieux où l’augmentation permanente des performances à l’exportation se substitue à un équilibre entre consommation interne et exportation. Que l’Allemagne ait traditionnellement souhaité moins consommer et plus exporter que ses voisins est une chose ; qu’elle voie dans la caricature de cette attitude la norme pour l’Europe et surtout le remède à ses difficultés économiques en est une autre. L’intérêt de l’Allemagne et de l’Europe est dans la création d’un grand marché régional au sein de l’économie mondialisée, comme l’Extrême-Orient en créera un, inéluctablement, autour de la Chine et du Japon. L’Europe possède tous les atouts nécessaires à la compétitivité internationale : elle a les ressources énergétiques russes, la main d’œuvre bon marché est-européenne pour les activités à forte concentration de main d’oeuvre et les capacités d’être en pointe dans les nouvelles révolutions industrielles et techniques grâce au savoir-faire accumulé dans la vieille Europe. Un protectionnisme intelligent– dont Paul Bairoch a montré qu’il était l’indispensable accompagnement des phases de prospérité économique(8) – étendu à la grande Europe permettrait de redynamiser le marché du travail à l’Ouest de l’Europe et de laisser les salaires progressivement augmenter à l’Est de l’Europe. Donc de relancer les capacités d’absorption par l’Europe de l’Ouest des exportations allemandes et de faire des pays d’Europe centrale et orientale non plus seulement des réservoirs de main d’œuvre bon marché pour les PME allemandes mais des pays qui eux aussi absorbent une part toujours croissante de la production allemande. Dans la vieille Europe, on n’aurait plus affaire à la protection d’un nombre toujours plus réduit de salariés de l’industrie, concentrés dans des secteurs à haute productivité et exclusivement tournés vers l’exportation, mais à une nouvelle création d’emploi équilibrée, entre secteurs à forte concentration capitalistique, industries de main d’œuvre et un secteur des services sans excroissance parasitaire(9). Dans la nouvelle Europe, on créerait la possibilité d’un authentique décollage économique auto-centré. L’Allemagne a tout à perdre de l’absence de « priorité européenne » : En faisant le choix de l’Europe, dans les années 1950, la RFA a posé les bases de son « miracle économique » de l’après-guerre. En fait, elle renouait avec la logique de mondialisation équilibrée du début du XXe siècle. Si l’on envisage en effet la plus longue durée historique, on est frappé de voir les permanences des tendances de fond du commerce extérieur allemand sur un siècle. A la veille de 1914, Le Reich wilhelmien écoulait les trois quarts de ses exportations sur l’ensemble du continent européen(10). En 1913, la Grande-Bretagne absorbait 14,2% des exportations allemandes, l’Autriche-Hongrie 10,9%, la Russie, 8,7%, la France 7,8%, Les Etats-Unis 7,1%, les Pays-Bas, 6,9%, la Belgique 5,5 et la Suisse 5,3%(11). La même année, le Reich se fournissait pour 15,9% aux Etats-Unis, pour 13,2% en Russie, pour 8,1% en Grande-Bretagne, pour 7,7% en Autriche-Hongrie, pour 5,4% en France et pour 3,2% en Belgique(12). Ajoutons cependant qu’à cette époque, les exportations ne représentaient que 16% du PIB(13) et qu’un protectionnisme modéré n’empêchait pas la croissance constante du commerce mondial et des capacités exportatrices de l’économie allemande. Pour un indice 100 en 1872, les exportations mondiales ont connu un essor uniquement à partir de l’introduction progressive et généralisée, à la fin des années 1870, de tarifs protectionnistes pour sortir de la Grande Dépression : 110 en 1882, 120 en 1892, 150 en 1902 et 250 en 1912. Les exportations allemandes connaissent, en période protectionniste un essor parallèle : pour un indice 100 en 1872, 120 en 1882, 140 en 1892, 190 en 1902 et 300 en 1912(14). On peut même dire que l’équilibre entre exportations allemandes vers l’Europe et importations allemandes d’Europe est mieux assuré aujourd’hui qu’il y a un siècle. La mondialisation du début du XXe siècle fut plus équilibrée que celle que nous vivons actuellement parce qu’elle reposait sur une monnaie mondiale indépendante de la politique des Etats, l’or, et parce que les Etats pratiquaient un protectionnisme modéré. Bien que l’idéologie libre-échangiste ait dominé les esprits dès les années 1950, la Communauté européenne fut, durant les Trente Glorieuses, protégée par l’ordre monétaire relatif de Bretton Woods et par la fermeture d’une partie du monde – l’Eurasie communiste aux échanges internationaux. Au moment où les salariés européens de l’Ouest sont mis en concurrence avec la main d’œuvre des pays de l’ancien bloc soviétique et surtout celle d’un Etat encore partiellement totalitaire, la Chine, il devient suicidaire, de refuser à l’Union européenne, et a fortiori à la zone euro, tout mécanisme de sauvegarde dans la mondialisation. C’est préparer un désastre économique et social sans précédent. L’actuelle embellie des exportations n’aura qu’un temps pour la République Fédérale car, un jour les Allemands devront accepter la délocalisation massive de leur emploi industriel dans les pays émergents s’ils veulent continuer à y jouer un rôle. En gros le modèle sino-américain actuel, sans que la RFA possède les atouts financiers des Etats-Unis. Et les principaux partenaires commerciaux de l’Allemagne seraient toujours plus touchés par la stagnation de la consommation en Allemagne. S’accentuerait alors un cercle vicieux, déjà amorcé, qui défait progressivement la spirale vertueuse des « trente glorieuses » : les principaux partenaires commerciaux de l’Allemagne seraient de moins en moins en mesure d’exporter vers l’Allemagne et, surtout, du point de vue d’une économie qui a encore plus besoin que la leur d’exporter, d’absorber la production allemande. L’intérêt de l’Allemagne n’est pas dans l’étiolement économique et la déstabilisation sociale de ses principaux partenaires commerciaux. Les masses financières en jeu sont trop importantes pour que la RFA puisse se payer le luxe de se passer de la consommation, par les membres historiques de la construction européenne de sa production industrielle. Elle doit au contraire tout faire pour que ceux-ci soient à nouveau en mesure de consommer massivement ses propres produits. Elle ne peut pas non plus, sans rompre la solidarité européenne, accepter chez elle un chômage de masse qui restreint de fait sa propre consommation et lui fait réduire ses importations – les principaux fournisseurs de la RFA restent les Européens et, plus particulièrement le noyau historique de l’Union européenne. 

Durant les deux dernières décennies, l’Allemagne s’est fixé des objectifs contraires à son engagement historique dans une « construction européenne » qui a permis sa propre reconstruction économique après la guerre. En effet, elle a, depuis vingt ans : 
• misé sur le consommateur américain plutôt que sur le consommateur allemand et européen ; 
• tenté de concurrencer les Etats-Unis en Amérique latine en voulant faire signer à cette dernière un accord de libre-échange avec l’UE ; 
• poussé à l’abaissement des tarifs douaniers dans les pays en développement, en échange de l’abandon de l’agriculture européenne, et cela pour des gains à l’exportation qui seront infimes par rapport à ce qu’apporterait un retour à la croissance dans la zone euro ; 
• parié sur le marché chinois et surtout sur l’immense « armée de réserve » de l’industrie chinoise, au risque de contribuer à créer un concurrent mortel pour l’Allemagne elle-même et pour l’Europe. La politique de « priorité européenne » est la seule qui corresponde à la structure réelle des réseaux commerciaux dans lesquels s’insère l’Allemagne. La République Fédérale réalise 29% de son commerce avec le Marché Commun des fondateurs, 40% avec la zone euro, 63% avec l’Union européenne et 75% avec « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural ». « Priorité européenne signifie donc : 
• la priorité donnée à la consommation européenne ;
• la priorité donnée aux échanges avec les partenaires européens historiques mais aussi l’élaboration d’un pôle de stabilité dans la mondialisation qui comprenne l’Europe de l’Est et la Russie ; 
• l’élaboration de mécanismes de sauvegarde pour l’UE qui permettent aux pays membres de se battre à armes égales dans la mondialisation avec les autres zones de production dans le monde. La vieille priorité donnée par la RFA à l’exportation sur la consommation interne n’est pas contraire aux intérêts de l’Europe tant que l’économie allemande accepte que son environnement économique immédiat ait les moyens de renforcer ses capacités d’absorption de la production d’outre-Rhin. Et tant qu’elle ne laisse pas s’étioler ses besoins de consommation et d’équipement en laissant se développer un chômage de masse dont l’ampleur est le fruit d’une attitude fataliste face à la mondialisation. 

Pourquoi parler de tout cela ? C’est pour montrer, comme je le disais en introduction, le rapport paradoxal que l’Allemagne entretient avec l’Europe. A la fois elle s’y impose comme la grande puissance exportatrice, elle a, depuis les années 1970, largement contribué à faire abandonner le principe de préférence communautaire et, en même temps, l’Allemagne semble largement dépendante des capacités d’absorption du marché européen pour rester dans son rang de première puissance exportatrice. On a donc là une relation tout à fait paradoxale à l’Europe, plus compliquée que ce qu’on dit d’habitude. C’est une façon de lancer le débat de ce soir puisque la question qui se pose aujourd’hui pour la République fédérale d’Allemagne - comme, peut-être, elle se posait déjà au début du XXe siècle – est de savoir dans quelle mesure elle est d’abord une puissance européo-centrée ou une puissance mondiale (je parle ici uniquement de l’économie). 

Je vous remercie. 

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(1) Lorsqu’aucune autre référence n’est donnée, les chiffres sont tirés du site internet du statistisches Bundesamt, www.destatis.de à la rubrique Aussenhandel. 
(2) Cornelius Torp, Die Herausforderung der Globalisierung. Wirtschaft und Politik in Deutschland 1860-1914, Vandenhoek & Ruprecht, Göttingen, 2005, p.69. 
(3) Hans Werner Sinn, Die Basar-Ökonomie. Deutschland: Exportweltmeister oder Schlusslicht?, Econ, Munich, 2005, 
(4) Sinn, op.cit., p.138-139 et p.86. 
(5) Tous ces chiffres se trouvent dans Sinn, op.cit., p.100-110. 
(6) Tome 2, p.60 dans l’édition Garnier Flammarion, Paris, 1991 
(7) Les Etats-Unis qui ont largement laissé détruire leur emploi industriel ne peuvent continuer à consommer que parce que le statut de monnaie de réserve du dollar leur permet de s’endetter à raison de 2 milliards de dollar par jour 
(8) Paul Bairoch, Mythes et paradoxes de l’histoire économique, Paris, La découverte, 1994. 
(9) Sur le caractère artificiel et même parasitaire de bien des emplois créés dans les services, voir Emmanuel Todd, Après l’Empire, Paris, Gallimard, 2003. 
(10) Cornelius Torp, Die Herausforderung der Globalisierung. Wirtschaft une Politik in Deutschland, Vandenhoeck & Ruprecht., Göttingen, p.77. 
(11) Torp, op.cit., p.79 
(12) Torp, op.cit., p.83. 
(13) Torp, op.cit., p.66 
(14) Torp, op.cit., p.61.

samedi 11 octobre 2008

Débâcle industrielle : la preuve par le saumon


Un saumon d'Atlantique de belle taille (97 cm pour 7 kg), est revenu dans le fleuve de la capitale avant d'être pris par un pêcheur à la hauteur du barrage de Suresnes, aux portes de Paris. Cela faisait 70 ans que le saumon, poisson délicat, n'était plus revenu dans la Seine. Une bonne nouvelle qui, malheureusement, vient moins de l'amélioration du traitement des eaux que de la débâcle industrielle de notre pays.

La désindustrialisation du bassin de Paris

L'espace de 75.000 km2 constituant le bassin versant de la Seine forme un ensemble régional d'écosystèmes caractérisé, en effet, à la fois par le développement d'une agriculture intensive, basée sur les grandes cultures exportatrices, et par la présence d'une mégapole : Paris.

Un espace sinistré par l'industrialisation au XIXe et XXe siècle, les aménagements (barrages) et par les pollutions d'une population nombreuse. La faune a payé cher cette évolution puisqu'on est passé par un point bas de quatre espèces de poissons seulement à hauteur de Paris. Aujourd'hui, après la désindustrialisation du bassin de Paris, on compte plus de 30 espèces, dont des truites de mer, pêchées jusqu'en région parisienne.

L'Allemagne touchée

Situation identique sur les bord du Rhin ou un premier saumon à été attesté dans le Haut-Rhin à Bâle. "Un saumon femelle d'une taille de 91 centimètres a été pêché puis relâché, le 5 octobre 2008, dans le Haut-Rhin à Bâle. Ce poisson a remonté le Rhin en utilisant probablement les écluses destinées à la navigation pour rejoindre le lieu où il a été mis à l'eau en 2005 ou 2006. Son retour s'inscrit dans le lent repeuplement du fleuve par des saumon depuis la Mer du Nord". Là aussi, avec la désindustrialisation, la qualité des eaux du Rhin s'est beaucoup améliorée depuis les années 1980. Le saumon a ainsi pu recoloniser avec succès une partie des affluents dans la partie inférieure du Rhin comme par exemple, la Sieg en Allemagne.

Une situation qui réjouit pécheurs et écologistes, mais qui démontre aussi l'effondrement de la production industrielle dans l'UE.

Document : Le Monde du 23 septembre 2003

jeudi 2 octobre 2008

Renault dégraisse : 6.000 emplois supprimés dont 4.900 en France

Un comité de groupe européen du constructeur automobile Renault a confirmé, jeudi 25 septembre 2008, la suppression de 2.000 emplois en Europe dont 900 en France. Ce plan social s’ajoute aux 4.000 départs volontaires annoncés en juillet sur les sites français.

Quatre cent cinquante suppressions toucheront le réseau commercial et 450 la production industrielle. En France, l’usine de Maubeuge (Nord) qui produit les Kangoo et celle de Batilly (Meurthe-et-Moselle), spécialisée dans les utilitaires, devraient être touchées. Le site de production de boîtes de vitesses à Ruitz (Pas-de-Calais) également ainsi que les usines de Dieppe (Normandie) et Villeurbanne (Rhône-Alpes).

En Europe, 19 pays au total sont concernés. « Outre la France, le plan aura un impact en Espagne, en Italie, en Grande-Bretagne, en Allemagne. Des plans sociaux seront mis en place au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Italie.

Renault avait déjà présenté en comité central d’entreprise, le 9 septembre dernier, un plan de 4.000 départs volontaires en France, dont la suppression d’une équipe dans l’usine de Sandouville, soit 1.000 postes sur 3.700 salariés. Le site normand produit notamment la nouvelle Laguna lancée à l’automne 2007, qui a du mal à se vendre, la Renault Espace et la Velsatis.

La CGT, a dénoncé par la voix de son secrétaire général, la stratégie financière du constructeur : « Renault restructure pour accroître avant tout ses marges financières », a déploré Bernard Thibault. Au cours des cinq dernières années, le constructeur automobile a cumulé 15 milliards d’euros de profits. Il dispose actuellement de plus de 6 milliards de trésorerie.

Le patron de Renault, Carlos Ghosn, a réaffirmé sa volonté « de garder le cap d'une marge opérationnelle de 6% en 2009 quoi qu'il arrive ».

Pour réaliser cet objectif, Renault met donc en place un plan qui vise à dégager 350 millions d'euros d'économies en 2009 et 500 millions en 2010. Ce plan passe par des départs volontaires, une réorganisation des usines et une augmentation du prix de vente des véhicules. Le groupe, sixième constructeur européen en terme de ventes, a également revu à la baisse ses objectifs commerciaux pour 2009, ramenés de 3,3 millions à 3 millions de véhicules par an. Le groupe invoque notamment le ralentissement des marchés européens et notamment celui du marché haut de gamme, sur lequel il est présent avec la Laguna.

Source : AFP

lundi 15 septembre 2008

Divergences sur le recul de l'inflation en europe

Le ralentissement de l'inflation est à peine perceptible, qu'elle suscite déjà des tensions entre les ministres des finances de la zone euro et la Banque centrale européenne (BCE). La ministre française de l'économie, Christine Lagarde a profité de leur rencontre informelle, vendredi 12 et samedi 13 septembre à Nice, pour estimer que la hausse des prix avait atteint "un pic" après l'envolée constatée ces derniers mois. "La baisse des prix du pétrole et des matières agricoles va dans le bon sens, et devrait aider à freiner l'inflation", a observé Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe, instance réunissant les ministres des finances de la zone euro.

En face, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, s'est bien gardé d'abonder dans leur sens : après avoir atteint 3,8 % en août, contre 4 % en juillet, l'inflation reste, selon lui, "beaucoup plus élevée" que les 2 % ciblés par l'institut d'émission. M. Trichet a suggéré que la Banque centrale n'envisageait à ce stade ni de remonter ses taux ni de les baisser.

A demi-mots, plusieurs gouvernements considèrent à l'inverse que l'évolution récente des prix pourrait inciter la BCE à relâcher quelque peu sa politique monétaire.
Les pressions des gouvernements européens sur la BCE sont d'autant plus pressantes qu'ils souhaitent tous éviter la récession qui menace, d'autant plus qu'il est exclu d'opter pour un plan de relance de grande envergure, tel que décidé aux Etats-Unis.

"Il ne faut pas dire que l'Europe est sur le seuil de la récession, ce n'est pas vrai, il faut distinguer récession et récession technique", a estimé M. Juncker, alors que les récentes prévisions de la Commission européenne ont indiqué que l'Allemagne, le Royaume-Uni, et l'Espagne risquaient d'enregistrer deux trimestres de recul de leur PIB.

L'Allemagne soppose à une réduction de la TVA sur la restauration.

L'Allemagne a éteint les espoirs français d'une réduction de la TVA pour certains biens et services, comme la restauration.

Le ministre allemand des Finances, Peer Steinbrück, dont le pays a par le passé fait échouer plusieurs tentatives d'instaurer une TVA réduite dans ce secteur, a annoncé à son arrivée à une réunion avec ses homologues des Vingt-Sept à Nice qu'il s'opposerait à une nouvelle proposition en ce sens présentée par la Commission européenne.
"Je ne suis pas d'accord avec les propositions soumises par la Commission en juillet, avec un long et épais catalogue de TVA réduites. Je ne peux accepter cela", a-t-il déclaré.

L'exécutif européen a proposé de laisser les Etats membres de l'UE libres de réduire le taux de TVA sur les services à haute intensité de main d'oeuvre, dont la restauration, pour autant qu'il n'y ait pas de perturbation de la concurrence.

Mais une telle décision doit être prise à l'unanimité et la position actuelle de l'Allemagne s''y oppose par crainte d'être soumise à la pression de ses propres restaurateurs.

Dumping social : Juncker pour un salaire minimum européen


Le président de l'Eurogroupe -le forum informel des pays de la zone euro-, Jean-Claude Juncker, a préconisé la mise en place d'un salaire minimum en Europe, à l'occasion d'un échange de vues avec la commission économique et monétaire du Parlement européen.

"Les gouvernements devraient se mettre d'accord sur le principe même d'un salaire minimum", a-t-il déclaré, jugeant qu'une telle mesure serait "importante pour l'aspect social" de la zone euro, mais "aussi pour son aspect économique".
Selon M. Juncker, un salaire minimum commun aux pays de l'UE permettrait de "renforcer la concurrence et d'égaliser les conditions entre les différentes économies".

Ces politiques budgétaires devraient en outre, pour lui, faire l'objet d'une concertation entre les gouvernements, notamment à l'occasion du Conseil Ecofin informel prévu à Nice. "Je veux qu'à Nice les ministres nous expliquent quelles sont leurs intentions pour les articulations du budget en 2009. Je veux que la France, l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne nous disent quelle sera leur politique économique (...), pour que les uns sachent ce que vont faire les autres", a dit M. Juncker, selon qui, la coordination "ce n'est pas nécessairement faire la même chose, mais savoir ce que font les autres".

On ne peut qu'être surpris et inquiets par les propositions de Monsieur Juncker sachant que les écarts des salaires minimum au sein des pays membres de l'EU vont de 1 à 12 (environ 900 euros pour la France contre 70 euros pour la Bulgarie). Dans de telles conditions, "l'harmonisation européenne des salaires" risque fort de devenir un redoutable outil de dumping social.

jeudi 7 août 2008

Le temps des mercenaires

D’ici 2010, l’armée polonaise sera composée exclusivement de professionnels. Le passage à une armée de métier se généralise dans l’Union européenne ou depuis la fin des années 1990, de nombreux pays européens se dirigent vers un modèle d'armée à l’image de celle des Etats-Unis.

Officiellement, les « armées de recrues » ne correspondent plus aux besoins actuels de défense des Etats. En réalité, la fin de la conscription permet de couper le lien entre l'armée et la population civile et, accessoirement, la fin du service national prive les citoyens ordinaires, de toute formation militaire.

Une logique bien connue des régimes dictatoriaux, qui ont toujours cherchés à transformer les institutions garantes de leur survie (armée, police, service spéciaux, pouvoir judiciaire, etc.) en castes coupées du reste de la population.

La fin du service militaire obligatoire dans les pays de l’Union européenne

Grande-Bretagne
Le service militaire obligatoire a complètement été aboli en 1962. Depuis cette date, la défense du pays repose sur une armée de métier qui comptait en 2006 environ 230.000 hommes. Au sein de son armée de professionnels, le Royaume-Uni dispose de forces de réserve qui reposent sur d’anciens militaires et sur des volontaires.

Belgique
la Belgique a mis fin à son service militaire obligatoire en 1995. Le service militaire y fut délibérament saboté. Dans les dernières années précédant la levée de la conscription, seul un jeune sur quatre effectuait son service militaire en raison de dispenses et d’autres exemptions.

France
La suppression de la conscription, héritage de la révolution française, en 1996, fut l’une des réformes les plus désastreuses du mandat du président Jacques Chirac .

Pays-Bas
Les Pays-Bas ont quant à eux définitivement abandonné ce système en 1998.

Italie
Le changement a eu lieu en l’an 2000 mettant fin à 200 ans de service militaire, introduit par les armées napoléoniennes aux alentours de 1800.

Espagne
En 2003, l’Espagne a mis fin au service militaire et a choisi également l’armée de métier.

Plus à l’Est, les membres de l’UE se dirigent également vers une armée de métier : la Hongrie a fait ce choix en 2004. La Slovénie en 2006. La Roumanie et la Lettonie en 2007…

Des pays qui restent attachés à la conscription :

Allemagne
L’Allemagne, qui, tout en développant une armée de métier, conserve l’obligation du service militaire. Tous les ans, l’armée allemande recrute environ 80.000 jeunes pour une mission dont la durée s’établit à 9 mois. Si les jeunes appelés ne souhaitent pas entrer dans l’armée, ils peuvent opter pour un service civil.

Finlande
En Finlande, le service militaire reste une tradition et l’armée est l’une des institutions les plus populaires du pays. Le service militaire dure entre 6 et 12 mois en fonction de la situation professionnelle des jeunes. Tous les 7 ans, les anciens conscrits sont également appelés à effectuer quelques jours d’entraînement pour se « rafraîchir » la mémoire.

Suède
Bien que le pays n’ait plus connu la guerre depuis 1814, le service militaire reste obligatoire pour les hommes en Suède et sur la base du volontariat pour les femmes.

Autriche
En Autriche, le service militaire reste obligatoire mais les jeunes appelés ont la possibilité d’effectuer un service civil à la place. Ils sont mobilisés pour 6 mois.

Le règne des tyrans

Les soldats des pays de l'UE seront de plus en plus sollicités pour intervenir à l’étranger dans le cadre d’opération de "maintien de la paix" (comme en Irak ou au Kosovo) face à des populations civiles souvent hostiles. Dans ce type de configuration, seule une armée de métier peut, dans la durée, mener une action coercitive sans se poser trop de questions. A une armée de citoyens, l'Union européenne préfère désormais, les hordes mercenaires sans état d'âme.

Dans l'antiquité, le fait de porter une arme était le privilège des hommes libres. Une référence historique que voudrait bien nous faire oublier le régime dictatorial de la Commission Européenne.

Service militaire obligatoire ou non, service civil : le détail par pays

mercredi 6 août 2008

Menace de guerre en géorgie

La fin de la semaine a été meurtrière en Ossétie du Sud. Au moins six personnes sont mortes dans les échanges de coups de feu et de tirs de mortier entre armée géorgienne et forces séparatistes, notamment près de la "capitale" sud-ossète, Tskhinvali. Selon Tbilissi, l'armée géorgienne a répliqué à des tirs provenant de positions sud-ossètes, le gouvernement séparatiste d'Ossétie du Sud dit le contraire. Moscou accuse aussi Tbilissi d'avoir orchestré des mouvements de troupe à l'intérieur du territoire sud-ossète.

Le "président" d'Ossétie du Sud, Edouard Kokoïty, a estimé, dimanche, que les forces sud-ossètes étaient "en droit de répliquer à l'agression, en frappant s'il le faut des villes sur le territoire géorgien". Les autorités sud-ossètes auraient également évacué des enfants, des femmes et des vieillards de Tskhinvali. D'après l'agence de presse Interfax, plus de 4 000 personnes auraient traversé la frontière entre l'Ossétie du Sud et la Russie ce week-end, un nombre inhabituellement élevé.

Les relations entre Tbilissi et sa province séparatiste se sont fortement dégradées depuis quelques mois. Des échanges de tirs avaient déjà eu lieu début juillet, l'aviation russe ayant alors survolé le territoire sud-ossète pour "prévenir un conflit sanglant", un geste interprété par Tbilissi comme une violation de son territoire.

Soufflant le chaud et le froid avec la Géorgie du président pro-occidental Mikheïl Saakachvili, avec lequel ses relations sont exécrables, la Russie a levé au printemps son embargo aérien et maritime contre Tbilissi, mais soutient toujours les deux républiques séparatistes géorgiennes, l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie. Les plans répétés de résolution du conflit, présentés par l'Allemagne, les Etats-Unis et l'Union européenne, n'ont pour le moment donné aucun résultat.

Pour en savoir plus, lire nos articles du 31 Juillet, 2 juin et du 23 mars:
L'Union européenne veut mener des démarches de médiation en Géorgie

Bras de fer Russie USA en Géorgie
La Géorgie et de l'Ukraine veulent adhérer à l'Otan

samedi 12 juillet 2008

Europe la fin d’un mythe ?



Eurobaromètre en dépôt de bilan

Lors d’une enquête réalisée entre mars et mai 2008 auprès d’un échantillons de population âgée de 15 ans et plus, 1.000 Français ont été consultés et retenus, sur un total de 30.000 entretiens. Cette étude démonte que désormais les réalités économiques ne peuvent plus être dissimulées au yeux de l’opinion publique, en dépit des enquêtes d’opinion truquées de l’Eurobaromètre.

L’appartenance à l’UE ne fait plus recette

La moitié (48%) des Français interrogés considèrent que l’appartenance de la France à l’Union est une bonne chose (contre 60% mi-2007). Un tiers pense que ce n’est ni une bonne ni une mauvaise chose et 17% une mauvaise chose. La part de ceux qui estiment que la France a bénéficié de son appartenance à l’UE a également diminuée pour s’établir à 49%.

Le pouvoir d’achat : source d’inquiétude n° 1

Le pouvoir d’achat prend la tête des préoccupations. Cité par 37% des sondés, cette préoccupation enregistre une hausse de 21 points en deux ans. Il y a donc désormais plus d’Européens inquiets face à la hausse des prix que face au chômage ou à l’immigration. En France, l’inflation est même citée par plus de la moitié des personnes interrogées (51% d’entre elles).

Le sujet est encore plus présent en Autriche (54%), mais les prix sont aussi au premier plan chez les Belges (48%), les Allemands (44%) et les Italiens (44%), qui citent le pouvoir d’achat avant tout le reste. L’Europe du Nord semble moins affectée par ce phénomène puisque moins de deux personnes interrogées sur dix au Danemark, aux Pays-Bas et en Suède le placent en première position.

Economie : le cauchemar annoncé

Concernant la situation économique de leur pays, la plupart des Européens (46%) estiment que les douze mois à venir seront moins bons que les douze derniers.

Les Français sont plus inquiets que la moyenne européenne : 57% s’attendent à un avenir moins florissant. Ce changement rompt avec le regain d’optimisme enregistré quelques mois après l’élection présidentielle de 2007. Alors que moins de la moitié des Européens (45%) estiment que "les choses vont dans la mauvaise direction dans leur pays", près de deux Français sur trois sont de cet avis (61%). Seuls les Italiens, les Britanniques et les Hongrois les dépassent. Ce constat est conforté par le fait que 63% des Français sondés pensent aux délocalisations lorsqu’ils entendent le mot "mondialisation".

lundi 7 juillet 2008

Europe bras de fer Est-Ouest sur le réchauffement climatique

Les nations de l’Union européenne commencent à mesurer le prix de leur unité pour la lutte contre le réchauffement climatique face aux exigences de pays de l'Est qui réclament un traitement différencié au nom de l'adaptation de leurs économies, très dépendantes du charbon et du pétrole.

"Les pays les plus pauvres vont devoir engager des dépenses importantes pour améliorer le niveau de vie de leurs compatriotes et l'efficacité énergétique de leurs économies. La question est (de savoir) comment on fait pour les aider", a expliqué le ministre français de l'Environnement Jean-Louis Borloo lors d'une réunion avec ses collègues européens à Saint-Cloud, près de Paris, la première de la présidence française semestrielle de l'UE.

Le plan d'action présenté par la Commission européenne pour mettre en oeuvre l'objectif de réduction des 20% émission de gaz à effet de serre de l'UE en 2020 prévoit des mécanismes de compensation : les pays les plus riches, comme la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni redistribueraient chacun aux plus pauvres 10% des revenus générés par la vente de droits à polluer à leurs industriels.

Ce principe de redistribution est accepté, mais le débat porte sur les chiffres. "Les estimations des recettes des enchères vont de 30 à 80 milliards d'euros", a souligné un expert français.

La Pologne veut 20% de ces revenus pour tenir compte de ses efforts pour réduire ses émissions polluantes. Cette revendication est soutenue par la plupart des nouveaux membres d'Europe centrale.

La plupart des pays d'Europe de l'Est demandent de changer l'année de référence pour le calcul de réduction des émissions, et de prendre l'année 1990, au lieu de 2005 comme le propose la Commission.

Plusieurs pistes de compensations sont étudiées. Jean-Louis Borloo a évoqué l'utilisation de fonds communautaires pour aider les pays de l'Est à adapter leur secteur énergétique, et une flexibilité sur l'octroi d'aides d'Etat, strictement encadrées.

La plupart des industriels européens refusent de devoir payer et cimentiers, pétrochimistes et transporteurs aériens crient à l'étranglement et menacent de cesser leurs investissements sur le vieux continent pour les transférer vers d'autres cieux moins regardants.

Source : AFP

mercredi 2 juillet 2008

Toujours plus nombreux à renoncer au téléphone fixe

Un ménage sur quatre a renoncé à une ligne téléphonique fixe et se contente de portables pour passer ses appels, un phénomène particulièrement prononcé en Europe de l'Est
D'après un sondage publié réalisé fin 2007 auprès de 27.000 ménages dans l'UE, 24% utilisent désormais uniquement des téléphones portables. Une tendance en progression : ils étaient 22% fin 2006 et 18% fin 2005.


Le taux dépasse celui des ménages ayant seulement une ligne fixe et pas de portable, 14% en moyenne. Le bon vieux téléphone filaire reste le seul mode d'appel pour 21% des ménages bulgares, 20% des allemands et 18% des français.
Mais les ménages tchèques sont 64% à y avoir renoncé, le taux le plus élevé de l'UE, suivis des finlandais (61%). Une situation qui s’explique par le fait que les réseaux fixes ne couvrent pas tout le pays ou n'ont pas été modernisés dans les dernières décennies.

Source AFP

jeudi 12 juin 2008

Identité électronique dans l'UE

La Commission européenne a dévoilé, le 2 juin dernier, un projet de reconnaissance électronique des identités des ressortissants européens.

Ce projet de la Commission permettra de contrôler l’identité des citoyens de l'UE et d'utiliser des systèmes transnationaux d’identification électronique (mots de passe, cartes d'identité, codes PIN et autres) à travers l'UE, et non plus uniquement dans leur pays d'origine.

13 des 27 États membres (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Estonie, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Slovénie et Suède) et l'Islande (partie à l'accord sur l'Espace économique européen avec l'UE) vont coopérer pour assurer la reconnaissance transnationale des identités électroniques.

Ce projet pilote à grande échelle, appelé STORK (Secure idenTity acrOss boRders linKed), vise à mettre en œuvre un système européen de reconnaissance de l'identité électronique qui permettra aux gouvernements et aux agents de la fonction publique d'identifier les identités électronique nationale dans n'importe quel État membre.

Ce projet se déroulera sur trois ans et recevra un financement de 10 millions € de la Commission européenne ainsi qu'une contribution égale des partenaires.

Guerre sans pétrole ?

Des algues, du bois et de la paille pour faire voler des avions de chasse ? A première vue saugrenue, l'idée est très sérieusement caressée par l'armée française qui voit dans la biomasse la source d'un carburant du futur quand le pétrole viendra à manquer.

"En 2005, on dépensait environ 650 millions d'euros pour un pétrole à 55 dollars du baril en moyenne. Aujourd'hui, avec un baril à 120 dollars, la facture s'est alourdie de 300 millions", explique un expert.

"Le plateau de production pétrolière actuel pourra être maintenu jusqu'en 2030 environ, si les pays producteurs le veulent bien, mais, au delà, la production déclinera assez vite, si bien que les armées auront tout intérêt en 2040 à disposer d'une alternative comme des véhicules fonctionnant avec d'autres carburants que les carburants traditionnels", explique Yves Mathieu de l'Institut français du pétrole (IFP).

Les carburants de synthèse pourraient être la solution. L’Allemagne avait développé une filière de production à partir du charbon, un procédé mis au point par deux chimistes allemands dans les années 20, Franz Fischer et Hans Tropsch.

Le procédé Fischer-Tropsch reste d'actualité. Autrefois frappée par un embargo commercial pour cause d'apartheid, l'Afrique du Sud reste leader dans ce domaine.

Aux Etats-Unis, un pays qui possède 15% des réserves mondiales de charbon, l'US Air Force a multiplié les expériences. Une quarantaine d'appareils militaires (B-52, B-1, C-17...) ont fonctionné sans accroc.

Quant aux armées françaises, elles pourraient recourir à une solution légèrement différente : des carburants synthétiques obtenus à partir de la biomasse, filière qui correspond le mieux à nos ressources naturelles.

La mise au point de ces carburants de synthèse de deuxième génération est cependant délicate. Ils exigeraient une filière de récupération des résidus de bois et de paille ou de collecte des algues, solution étudié par la Délégation générale pour l'armement (DGA)..

Source : AFP, le 6 juin 2008.

lundi 2 juin 2008

L'inflation et chômage ne cesse d'augmenter dans la zone euro

Le taux d'inflation dans la zone euro a atteint 3,6% en mai en rythme annuel, au delà des 3,3% d'avril, selon les données préliminaires publiées par Eurostat.

Les estimations publiées mercredi en Allemagne avaient déjà montré une accélération de l'inflation, à 3,0% en rythme annuel, contre 2,4% le mois précédent.

La hausse des prix s'est aussi accélérée en mai en Espagne et en Belgique. Le taux d'inflation espagnol, publié jeudi, a atteint 4,7%, un niveau sans précédent, contre 4,2% en avril.

En Belgique, l'inflation en rythme annuel est ressortie à 5,21% en mai, son plus haut niveau depuis 23 ans, et contre 4,15% en avril, selon les chiffres rendus publics jeudi.

En Italie, les prix à la consommation harmonisés au niveau européen (IPCH) ont augmenté de 0,6% en mai sur un mois, pour donner une inflation de 3,7% sur un an, a annoncé vendredi l'Istat, en première estimation.

Une hausse des prix, sur fond de ralentissement économique, qui dépasse largement l'objectif de moins de 2% défini par la Banque centrale européenne (BCE).

Parallèlement, le taux de chômage, corrigé des variations saisonnières, s'est établi à 7,1% dans la zone euro et à 6,7% dans l'Union européenne (UE) en avril.

Selon les estimations d'Eurostat, 16,047 millions d'hommes et de femmes étaient au chômage en avril 2008 dans l'UE, dont 11,072 millions dans la zone euro. Par rapport à mars 2008, le nombre de chômeurs a augmenté de 16.000 et 60.000 respectivement dans les deux zones selon des chiffres publiés vendredi par Eurostat, l'Office statistique des Communautés européennes. Des chiffres qui démontrent une nouvelle fois que les pays restés hors de la zone euro supportent mieux les aléas de l’économie mondiale.

Les analystes estiment que cette série de statistiques paralyse davantage encore la BCE, confrontée à la fois à des poussées inflationnistes et à un ralentissement de l'activité.

Les ventes au détail en Allemagne ont baissé en avril pour le deuxième mois consécutif, alimentant les anticipations de ralentissement économique au deuxième trimestre et faisant reculer l'euro face au dollar.

Axel Weber, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a déclaré le mardi 27 mai à Reuters qu'il n'y avait pas de marge pour abaisser les taux d'intérêt dans la zone euro cette année et que l'option d'une hausse devait rester sur la table.