Citations

« Cent "non" font moins de mal qu'un "oui" jamais tenu. »
Sagesse asiatique.

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« Il est important de promouvoir une unité qui ne peut pas et ne veut pas être une uniformité, mais qui est capable de garantir le respect des différences nationales et des diverses traditions culturelles qui constituent une richesse dans la symphonie européenne, en rappelant d’autre part que “l’identité nationale elle-même ne se réalise que dans l’ouverture aux autres peuples et à travers la solidarité envers eux” (Ecclesia in Europa, n. 112). »

Benoît XVI, Palais de l’Élysée, 12 septembre 2008

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Mise en ligne (colonne de droite) de documents de l'Institut de Relations Internationales & Stratégiques (IRIS)

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Nouvelle offensive d'été de l'ARN

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jeudi 24 juillet 2008

L'EU veut réduire la flotte de pêche des pays européens

La restructuration des flottilles est la priorité de l'Union européenne

La crise, née de l'envolée du prix du gazole, va précipiter la réforme de l'Europe bleue. En septembre, la Commission européenne présentera les changements à apporter à la politique de la pêche. Le remède préconisé est sévère : elle veut, surtout, « casser du bateau ».

La Commission veut accélérer le rythme d'adaptation, au risque de relancer la grogne. Joe Borg, le commissaire européen à la Pêche, estime la surcapacité « de l'ordre de 40 % ».

À l'initiative de la France, les ministres de la Pêche débattront, le 29 septembre, du « bilan de santé » de la Politique commune de la pêche. Le ministre français, Michel Barnier, qui est d'accord pour « jouer sur le format de la flotte », ne remet pas en cause les quotas, mais veut en améliorer la gestion. Notamment pour réagir plus vite lorsque l'expérience des pêcheurs détecte des phénomènes pour lesquels les avis scientifiques n'arrivent que beaucoup plus tard. L'exemple du cabillaud de mer Celtique est significatif. Bruxelles a mis plus de six mois pour relever de 25 % les prises de ce poisson.

Les services de Joe Borg veulent également renforcer les pouvoirs de l'Agence européenne de contrôle des pêches, installée à Vigo, en Espagne. Les opérations de surveillance des pêcheurs de thon rouge ont permis de fermer prématurément la campagne de pêches, le 16 juin.

65% des poissons consommés en Europe sont importés d'Asie ou d'ailleurs, et même jusqu'à 90% pour certains poissons blancs (lieu de l'Alaska, cabillaud, merlu...) et, la plupart des lots qui arrivent, par conteneurs, sont issus de la pêche illégale.

Dans de telles conditions, continuer à démolir le monde des marins pécheurs européens soumis à une (trop) strict réglementation, ne peut que laisser le champ libre aux flibustiers de la pêche illégale internationale.

lundi 23 juin 2008

L'agriculture au coeur de la présidence européenne


L'agriculture au coeur de la présidence européenne

La France a six mois pour convaincre ses partenaires. Certains pays voudraient que l'Union en fasse moins pour les paysans et plus pour l'industrie ou la recherche.

• Ce que la France veut. Bilan de santé ou acharnement thérapeutique ? Les six mois de présidence française de l'Europe qui s'ouvrent le 1er juillet s'annoncent lourds d'enjeux pour l'agriculture. En principe, il s'agira, pour le ministre Michel Barnier, de négocier au mieux le volant de réformes que, depuis 2003, on appelle le « bilan de santé » de la Politique agricole commune (PAC). Mais, derrière ce dossier, l'enjeu est bel et bien de définir ce que sera la PAC de l'après 2013. À cette date le pacte budgétaire obtenu en 2003 par Jacques Chirac (qui sanctuarisait les fonds alloués à l'agriculture), viendra à échéance.

Nicolas Sarkozy a demandé à son ministre de l'Agriculture de tenter de jeter les bases de ce que serait une telle politique. Un conseil informel des ministres européens, à Annecy, fin septembre, tentera d'en fixer les grandes lignes. Ce ne sera pas chose aisée. « Le temps n'est vraiment pas approprié pour parler de l'après 2013 » déclarait il y a quelques jours Mariann Fischer-Boel, la Commissaire européenne à l'agriculture.

À quelques mois de son renouvellement, la Commission n'a pas envie d'ouvrir un nouveau chantier. C'est en tout cas l'analyse de Michel Barnier qui tient à son idée et l'a redit hier : alors que les Américains relancent leur politique agricole, les Européens, estiment-ils doivent dire s'ils veulent une politique agricole dotée de mécanismes anti-crise, de soutiens à l'assurance récolte, de prix mieux équilibrés entre céréaliers et éleveurs, etc.

Surtout, en adoptant dès maintenant les grandes lignes politiques de l'après 2013, la France court moins le risque de voir l'agriculture taillée en pièce par les Britanniques lors des discussions budgétaires prévues en 2010.

C'est à la lumière de ce sauvetage qu'il faut analyser le bilan de santé de la PAC. Il s'agit de réformes qui devraient entrer en oeuvre dès 2009 et qui prolongent celle de 2003. Les souhaits de la France sont légion et ne sont pas assurés d'entrer dans les faits.

Première priorité, la volonté d'avoir une politique anti-crise et de régulation des marchés, passant, par exemple, par le soutien de l'Europe à un système d'assurance. Sur le principe, et tant que cela se limite à de l'assurance récolte ou bétail (plutôt que du revenu des paysans) ni la Commission ni la plupart des pays membres ne sont contre. Mais ils ne voudront sans doute pas y affecter des sommes très importantes.

Autre demande française, le prélèvement de fonds sur les aides actuelles pour venir en aide à des productions telles que le lait en montagne ou l'élevage ovin. Là aussi, le principe est acquis mais les sommes en jeu risquent de ne pas être à la hauteur des espoirs français. La France voudrait également que l'Europe reconnaisse au système des interprofessions la capacité d'une certaine intervention économique.

• La France peut-elle réussir ? Depuis plusieurs mois, Michel Barnier prépare la présidence européenne. Il a multiplié les déplacements dans les différents pays membres pour préparer le terrain. Mais, cela sera difficile. L'Union européenne pourrait borner son intervention à des situations de crise, sanitaire notamment. Plus faciles à faire accepter seront des dispositifs pour financer la consommation de fruits et légumes dans les écoles, des programmes d'aide alimentaire aux plus démunis, l'harmonisation des conditions d'emploi des pesticides ou encore les contrôles sanitaires sur les importations pour lesquels la France s'apprête à déposer un mémorandum à Bruxelles. Ces dossiers ont déjà fait l'objet de discussions assez constructives à Bruxelles.

C'est, en fait, sur la philosophie générale de la politique agricole que le débat achoppe. La Commission européenne et bon nombre de pays du Nord voudraient une PAC libérale, sans intervention sur le marché, avec l'essentiel de l'argent orienté vers le développement rural. La France, elle, tient encore à une Pac à vocation économique soutenant la fonction de production des exploitations. C'est bel et bien la nature de l'après 2013 qui est en jeu.

• Repères. Le budget de la Politique agricole commune (PAC) représente 50 milliards d'euros, soit 46% des dépenses totales de l'Union. Cette politique a permis à l'Europe de devenir auto-suffisante sur le plan alimentaire et de développer une puissante industrie agroalimentaire. Aujourd'hui, elle incite aussi les paysans à préserver les paysages et l'environnement. La réforme de 2003 a modifié le régime des subventions. le montant des aides directes aux exploitants est désormais déconnecté des quantités produites (découplage des aides à la production).

Hervé PLAGNOL.

Source : Ouest-France

lundi 2 juin 2008

La Commission européenne veut mettre la pêche en panne sèche

La Commission européenne veut récupérer 65 millions € "d'aides" versées par la France aux pêcheurs, en 2006

Le 20 mai dernier, la Commission européenne a demandé à la France de récupérer auprès des entreprises de pêche 65 millions d'euros "d'aides" versées en 2006 pour compenser la hausse du gazole sous forme de prêts au "Fonds de prévention des aléas de la pêche" (FPAP).

"La Commission émet également des doutes sur un autre prêt de 12 millions d'euros versé à ce même fonds", a-t-elle indiqué. Si ces doutes se confirment, c'est 77 millions d'euros que l'État français devra récupérer. Confrontée depuis plus de deux semaines à la grogne des pêcheurs, "la France a accepté de collecter ces sommes", selon une porte-parole de la Commission, "reconnaissant que c'était une aide d'État", a-t-elle précisé.

"Je ne sais pas qui va payer [ces sommes], c'est en discussion, mais je pense que ce sera l'État" à réagi Michel Barnier, le ministre de l'Agriculture et de la Pêche.

Au Comité national des pêches maritimes et des élevages marins qui représente les professionnels de la pêche française, le directeur général, Hubert Carré, juge "qu'il ne s'agit pas d'aides de l'État" mais d'un système de garanties mis en place par la profession pour faire face à la hausse du gazole. Ce système abondé par "des emprunts faits auprès de l'État" devait permettre de se couvrir sur le marché contre la hausse anticipée des prix du gazole. Mais avec la persistance de cours élevés, "les garanties coûtaient de plus en plus cher et la profession a dû arrêter de se couvrir".

Le commissaire européen de la pêche Joe Borg a précisé qu'il suivait "de près l'évolution de la situation" en insistant sur le fait que les gouvernements devaient donner la priorité à la restructuration du secteur de la pêche. "Subventionner le carburant, en plus d'être illégal, ne résoudrait en rien les problèmes fondamentaux", a-t-il tranché. Avant de conclure que « des aides au sauvetage d'entreprises de pêche ne peuvent être envisagées que pour leur donner le temps de se restructurer ou d'être liquidées ».

La filière pêche peine à mieux rémunérer le travail des marins pêcheurs

La filière de la pêche éprouve des difficultés à trouver des solutions pour mieux rémunérer le travail des marins pêcheurs français dans un contexte d'économie mondialisée.

"L'important c'est que le poisson continue à se vendre à un prix raisonnable", a déclaré, à la sortie d’une table-ronde sur le sujet, le secrétaire d'Etat à la consommation et porte-parole du gouvernement Luc Chatel, pour qui il n'existe "pas de solution miracle". M. Chatel a annoncé une seule décision : les produits de pêche seront prochainement intégrés dans l'observatoire des prix et des marges des produits agricoles, mis en place en mars par la ministre de l'Economie Christine Lagarde, mesure symbolique qui n’engage à rien et ne résout aucun des problèmes soulevés.

"On vend le poisson 3 à 4 euros et il se retrouve entre 27 à 32 euros sur les marchés. La grande distribution a les moyens de le payer au moins 0,50 euro de plus par kilo", fulminait M. Blin, président de la Fédération des organisations de la pêche artisanale. pour qui la réunion avait ressemblé à "une partie de poker-menteur".

La Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui regroupe les grandes enseignes, rejette cette possibilité. Les études effectuées montrent que "les structures du coût des circuits du poisson sont parfaitement identifiées et qu'il n'y a pas de marges abusives", souligne un communiqué de la FCD.

Conséquence : alors que la consommation des Français en produits de la mer a augmenté de plus de 30% entre 1990 et 2007, les bateaux de marins pécheurs français économiquement étranglés ne débarquent plus que la moitié de l'approvisionnement de ces produits (y compris les coquillages et les crustacés) et seulement 15% de poissons frais.

"Le prix du gazole a augmenté de 300% ans en 20 ans alors que le prix payé aux pêcheurs est resté le même", se désole Hubert Carré, directeur général du Comité national des Pêches.

Aussi, le Comité des Pêches demande que Total "qui a un quasi monopole en ce qui concerne la distribution du carburant", accepte de "prendre en compte les difficultés auxquelles est confronté le secteur de la pêche" et "accepte en conséquence de revoir sa politique tarifaire en faveur des entreprises de pêche".

Interrogé sur cette demande, M. Barnier s'est contenté d'indiquer que le directeur général de Total, Christophe de Margerie, serait reçu lundi par le directeur de cabinet de Mme Lagarde.

De toute évidence, et pour encore longtemps, la profession de marin pécheur restera plus pénible et bien moins payée que celle de ministre !